Dominique Strauss-Kahn , la force tranquille au coeur d’un monde en crise

Publié le par SD32

dsk 08112010"Il faut parvenir à un monde prospère, éliminer la faim, la pauvreté et les conditions de vie indécentes de millions et de millions d’hommes dans le monde. Mais pour cela, ce sont les Etats qui doivent faire les efforts concrets au-delà des bonnes paroles ou de vaines promesses toujours ressassées dont ils savent qu’elles ne débouchent jamais sur rien. Messieurs et Mesdames les Chefs d’Etats, à vous de jouer et non de parader pour la galerie et les télévisions ".


Ces propos audacieux mais francs, vrais et justes, sont ceux d’un homme dont la compétence est reconnue dans le monde entier . De telles vérités qui franchissent les frontières d’un monde en crise sont celles d’un homme de gauche dont la parole porte : Dominique Strauss-Kahn .

 

Nous voyons déjà éructer ses détracteurs , ces fameux donneurs deleçons, Mélenchon en tête, véritables pourfendeurs du réalisme de gauche au profit d’un dogmatisme archaïque empreint à la fois d’anti-capitalisme primaire, de stagnation sociale , de protectionnisme suicidaire et de populisme exacerbé . Messieurs les censeurs, vous êtes vous, un seul instant, interrogés sur l’action de Dominique Strauss-Kahn, à la tête du FMI, vous qui l’insultez en le qualifiant « d’affameur des peuples » ! Préoccupés à vociférer dans vos micros ou à jouer des effets de manche sur les tréteaux, vous n’avez sûrement pas le temps de suivre l’actualité financière internationale. Vous y apprendriez ainsi, que, jour après jour, à la place qu’il occupe, Dominique Strauss-Kahn tente de façonner un autre monde.

 

Un monde plus juste, plus équilibré. Un monde où l’Afrique , grâce au nouveau mécanisme de financement en faveur des pays les plus pauvres à zéro pour cent d’intérêt, peut désormais s’engager dans la voie du développement et de la lutte contre la pauvreté. Une première dans l’histoire du FMI. Un monde où le repositionnement de la Chine au sein de cette institution qu’il a initié, permettra de dépasser ce monde dans lequel nous vivons et qui donne l’impression par moment de marcher sur la tête, au profit d’un monde où chacun devrait pouvoir vivre dignement.


Le FMI n’est plus cette institution ultra-libérale que vous caricaturez : c’est devenu une coopérative monétaire chargée de veiller au bon fonctionnement du système monétaire et financier de la planète . C’est l’ultime prêteur des pays quand plus personne ne veut leur prêter quoi que ce soit pour équilibrer leur balance de paiement et continuer d’importer ce dont ils ont besoin, ou tout simplement pour les sortir de la banqueroute. Savez-vous qu’ en fin de compte ce sont les Etats qui décident. Et lorsqu’un pays demande l’aide du FMI, la répartition de l’effort au sein même du pays en question entre les diverses composantes économiques et sociales du pays est de sa responsabilité souveraine.

 

Le FMI veille seulement à ce que le plan d’effort soit pertinent. Alors, comme l'a souligné récemment José Luis Rodriguez Zapatero, le Premier ministre espagnol, le Fonds a "changé de visage". Il ne s'occupait que de macroéconomie et la pratiquait façon "consensus de Washington", c'est-à-dire sur un mode ultra-libéral. Le voici qui cosigne désormais avec l'OIT un document soulignant les dégâts humains provoqués par une crise qui a fait basculer 34 millions de travailleurs dans le chômage depuis 2007 .


Messieurs les censeurs, peut-être ne le savez-vous pas, mais lorsque le Directeur Général du FMI souhaite apporter une transformation dans l’un des mécanismes de fonctionnement de cette institution ; conduire une innovation quelconque ou tout simplement bousculer quelques règles bien établies et communément admises, il doit développer un trésor d’imagination et un talent de négociateur pour convaincre afin d’obtenir la majorité qualifiée. Majorité qui est de 85 % dans cette institution. On est loin des 50,01 % en politique. Cette volonté de changement dans l’adhésion collective a toujours été la ligne conductrice de Dominique Strauss-Kahn, même lorsqu’il souhaite que le mandat du FMI soit élargi pour inclure la surveillance des marchés de capitaux.
Camarades Mélenchon et consorts, vous seriez bien avisés de soutenir cette dernière démarche car elle pourrait être à l'ordre du jour du prochain G 20 .


Dans une rencontre avec les lecteurs du Parisien du 21 novembre 2008, le Directeur Général du FMI répondant à une question disait : " Revoir tout le système capitaliste ? Je veux bien, mais pour mettre quoi à la place ? Depuis l’écroulement du modèle communiste, personne n’a proposé un système alternatif. En revanche, oui, il faut corriger bien des choses dans l’économie de marché telle qu’elle existe. Il n’y a pas que la finance qui a besoin d’être remise sur les rails. L’économie de marché privilégie le court terme. Si on veut une société plus organisée, plus solidaire, dans laquelle on s’occupe des générations qui suivent et pas simplement des problèmes du jour, il y a beaucoup à changer dans l’ensemble de notre fonctionnement collectif ".


Dominique Strauss-Kahn connaît bien le monde dans lequel nous vivons. Il le parcourt régulièrement, en perçoit les attentes, en mesure les disfonctionnements, en analyse les contraintes. Il connaît tout autant l’échéance politique de 2012, apprécie que sa côte de popularité soit au plus haut en France même si le premier magazine américain Newsweek le qualifie de « The Top Guy ».

 

Dominique Strauss-Kahn sera-t-il candidat alors qu’il apparaît aujourd’hui, et de loin, aux yeux des français, en général, comme la meilleure chance du PS et de la gauche pour 2012 ? Dominique Strauss-Kahn sera-t-il candidat, lui, dont Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand, en plein accord d’ailleurs avec une large majorité de français selon l’Ifop, considère que Dominique Strauss-Kahn en est certainement " le meilleur héritier " car " il a la compétence, la culture et la volonté nécessaire à l'exercice de la fonction présidentielle ".


La réponse lui appartient et Dominique Strauss-Kahn la fera connaître le moment venu .Dans l’immédiat, rappelons-nous ce que disait François Mauriac " Le génie politique atteint un certain équilibre entre le vouloir humain et l’exigence du réel. Il ne violente pas la nature des choses ".

Au regard de la profonde transmutation sans heurt que vit le FMI depuis trois ans, il est évident que son Directeur Général n’est pas dépourvu de ce génie politique. De bon augure pour la suite.

 

Philippe PUGNET

                                                                                                                                           

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C
<br /> Si Dominique arrive à changer aussi considérablement la politique du FMI, n'est-ce pas assez égoïste de le vouloir que juste pour la France ? Son influence n'est-elle pas préférable comme Directeur<br /> du FMI ? Ainsi modifie-t-il profondément la vie de millions de gens de par le monde et non les petits nantis que nous sommes. Je m'interroge ...quelle attitude est la plus noble, la plus socialiste<br /> ?<br /> <br /> <br />
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