Dominique STRAUSS-KAHN : Soutenir le bien-être commun de l'humanité

Publié le par SD32

DSK-ONU-21092010.jpgSocialisme et Démocratie 32 vous propose de prendre connaissance de l'intervention de Dominique STRAUSS-KAHN, Directeur général du FMI, lors de la session d'ouverture de l'Assemblée générale des Nations-Unies

 

Discours d'ouverture

Sommet des Nations Unies sur les Objectifs du Millénaire pour le développement

20 septembre 2010,

 

Je m'adresse à vous aujourd'hui avec un sentiment d'urgence.

 

Avant la crise, nous avons connu une forte croissance et une stabilité macroéconomique dans les pays en développement principalement axées par des politiques endogènes bonnes mais supportées par un environnement international favorable. Cela s’est traduit par une baisse de la pauvreté et l'amélioration des indicateurs sociaux.

 

Mais à cause de la crise, qui n'est pas seulement économique mais aussi alimentaire et énergétique, des années de progrès ont été perdues et la dynamique a déraillé. En conséquence, près de 70 millions de personnes de plus vont devoir échapper aux chaînes de la pauvreté d'ici à 2020 et  des millions d'autres subiront les conséquences prolongées du chômage et du sous-emploi.

 

Nous devons redoubler d’efforts pour faire face à cette immense souffrance humaine. Pour ce faire, et ceci est mon message principal aujourd'hui, tout repose sur le rétablissement de l'équilibre, durable, de la croissance mondiale. Sans cela, tous les autres efforts visant à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement seront insatisfaits.

 

Pour retrouver de l'élan, nous devons avoir le sens des responsabilités partagées entre les différents acteurs : les pays en développement, les économies avancées, et les institutions internationales.

 

Les économies avancées et les principaux marchés émergents devraient se concentrer avant tout pour la reprise durable de notre planète, relancer et faire tourner efficacement le moteur de la croissance. Une analyse effectuée par le FMI et la Banque mondiale pour le G20 a montré qu'une action concertée entre les grandes économies de la planète, durant les 5 prochaines années, pourrait relancer le PIB mondial de 2,5 % créant ainsi 30 millions d'emplois et soutirant 33 millions de personnes de la pauvreté.

 

Cet exposé de la coopération n'est pas seulement un mantra, il est réel, il est essentiel, et il affecte la vie des gens.

 

Les économies avancées doivent bien évidemment contribuer à cette relance en faisant preuve de générosité. Il ne faut pas oublier les promesses de Gleneagles mais aussi se servir du commerce, l'un des moyens les plus importants que les pays avancés peuvent mettre en œuvre pour aider leurs voisins à faible revenu, et sans coût budgétaire. Les exportations ont la capacité de déclencher une vague de productivité et de croissance dans les pays en développement.

 

Les pays en développement doivent aussi s'aider eux-mêmes. Ils doivent rebâtir leur politique pour être prêts  à faire face aux prochaines difficultés, y compris par la mobilisation des recettes fiscales nationales. Cela créera une marge pour investir dans les infrastructures et renforcera les filets de sécurité sociale, accélérant la croissance et protégeant les populations pauvres et vulnérables. Cela impliquera de s'appuyer également sur les réussites du passé.

 

Les institutions financières internationales doivent aussi jouer leur rôle. Pendant la crise, le FMI a rapidement accru son soutien aux membres à faible revenu. Nous avons quadruplé nos prêts, avec des taux d'intérêt à 0%, et réajusté les conditions d’octroi de l’aide financière, que beaucoup d’États jugeaient trop restrictives.

 

Permettez-moi de conclure.

 

L'ONU et le FMI partagent une même origine mais aussi un même but. Les deux ont été fondées dans le sillage de la Seconde Guerre mondiale, après un conflit économique devenu un conflit réel, laissant des dizaines de millions de morts et le monde en ruines. Dans un moment singulier de l'idéalisme, les dirigeants de l'après-guerre ont juré de ne jamais répéter les erreurs du passé, promettant la coopération, en sachant que le bien-être d'une nation favoriserait le bien-être de tous.

 

Le FMI a pour mandat principal de garantir la stabilité économique. En finalité il vise un autre but, bien plus important, l’avènement d’un monde juste et prospère. Nous ne pourrons pas nous en acquitter tant que nos concitoyens mondiaux resteront marginalisés. Nous devons leur offrir la possibilité de satisfaire à leurs besoins vitaux et de vivre une vie décente et sécurisée.

 

C'est pourquoi, nous devons tout faire pour soutenir le bien-être commun de l'humanité.

 

Honorons à nouveau la promesse de l'après-guerre.

 

Prenons un nouveau départ en faveur d’un monde débarrassé de la pauvreté et exempt de tout conflit.

 

Merci.

 

Dominique Strauss-Kahn

Publié dans International

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J
<br /> superbe intervention il y a des socialistes qui vont avaler leur carte d'adherent.<br /> seul le maintient d'un echange commercial controlé mais producteur de richesses peut sauver l'equilibre entre pays riches et pauvres. faut il aussi encourager le travail et non l'assistanat.DSK<br /> sera t'il entedu?<br /> <br /> <br />
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