Etre utiles pour faire gagner la gauche en 2012

Publié le par SD32

ecriture15 mai 2011 : dimanche noir de New-York. Dominique Strauss-Kahn fait l’objet de graves accusations de la part d’une jeune femme de chambre de l’hôtel Sofitel où il séjournait.

Au mépris de la présomption d’innocence, l’accusé est immédiatement traité en coupable par un procureur zélé qui voit là une opportunité de relancer sa carrière. Alors que la plaignante n’a toujours pas porté plainte, Dominique Strauss-Kahn vit les heures les plus noires qu’il ait eu à connaître.

 

Commence alors pour lui une épreuve difficile sur le plan humain et personnel. Rien ne lui sera épargné et les médias orchestrent « une véritable humiliation planétaire » comme le souligne Jean Christophe Cambadélis.


Pour sa famille, pour ses amis mais aussi pour le Parti Socialiste, le choc est rude. Nul n’oublie la présumée victime mais l’incrédulité face aux faits reprochés à Dominique Strauss-Kahn laisse rapidement la place à la tristesse, au découragement, à la déception, à la colère peut être, à la résignation sûrement. C’est mon ami Pierre Kanuty qui trouve les mots justes « ce drame personnel, ce drame familial est aussi une tragédie – le mot n’est pas faible – pour ceux qui sont des compagnons de route depuis plusieurs années. Ceux qu’on a fini par appeler les « strauss-kahniens » ou qui se sont revendiqués comme tels. »

En quelques heures tout bascule. « Chacun s’apprêtait à se lancer dans le combat présidentiel décisif pour la France et l’Europe. Chacun imaginait le succès et la part qu’il y prenait. Chacun doit aujourd’hui se rendre à l’évidence : Dominique Strauss-Kahn combat maintenant pour prouver son innocence. Son temps n’est plus le nôtre, sans que nous puissions à cette étape dire de quoi l’avenir sera fait » écrit Jean Christophe Cambadélis, le 3 juin, dans une lettre adressée aux amis de  Dominique Strauss-Kahn.

« Son temps n’est plus le nôtre » … ces quelques mots résonnent comme l’exigence d’un deuil politique que nous refusons mais qui pourtant s’impose à nous, les strauss-kahniens.

A Socialisme & Démocratie 32 , nous mesurons combien il est difficile de tourner la page. Rien ne nous aura finalement été épargné : après les coups bas, les sarcasmes, le mépris de certains dont nous faisions l’objet, depuis plusieurs mois, bien avant ce dimanche noir, parce que Dominique apparaissait comme incontournable pour 2012, nous voilà désormais obligés d’affronter l’inconcevable. Les nombreux témoignages de soutien nous y aiderons.

Parce que nous sommes des militants, nous savons que le temps politique doit reprendre  ses droits. Nous savons que ces années passées aux côtés de Dominique , si elles ont été riches, elles ne resteront pas vaines car elles ont porté leurs fruits.

En effet, nos idées ont fortement influencé la mise à jour de la déclaration de principes du Parti socialiste en 2005. Et nous avons popularisé ce socialisme de la production qui ne saurait être mis en œuvre, indépendamment du socialisme de l’émancipation et du socialisme de la redistribution. Nos thèses de l'égalité réelle et cette volonté de lutter contre les inégalités où elles se forment ont été reprises dans le projet socialiste pour 2012.

« Nous avons bâti au cours de ces années un périmètre politique qui fut certes porté par Dominique Strauss-Kahn mais qui reste notre patrimoine » affirme Jean Christophe Cambadélis.

Nous portons un socialisme moderne, ce réformisme radical que Dominique a défendu des années durant, et nous à ses côtés.

Nous avons acquis une indépendance et une liberté de parole dans le respect d’une identité sociale-démocrate dont nous sommes fiers.

A Socialisme & Démocratie 32,  nous partageons la volonté de Jean Christophe Cambadélis  de rassembler  les strauss-kahniens « avec la volonté de faire vivre un espace politique qui s’ouvrira nécessairement à d’autres ».

Mais nous sommes également pleinement engagés dans le combat politique qui est désormais le nôtre : être utiles pour faire gagner la gauche en 2012.

 

                                                                                                                        Philippe PUGNET

                                                                                                                                              

                                                                                          

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