Jean Christophe Cambadélis: «Dix candidats à la primaire socialiste, c'est trop»

Publié le par SD32

Cambadelis-25012011.jpgSocialisme & Démocratie 32 reproduit ci-dessous l'interview accordée par Jean Christophe Cambadélis au quotidien Nice-Matin ce mercredi 26 janvier.

Quand DSK pourrait-il annoncer son engagement dans la primaire socialiste ?

Je ne sais pas s’il est candidat et ce n’est pas à moi de parler à sa place. Il est tout à son travail au FMI qui est utile au monde et à la France. Je pense que le problème posé à la gauche n’est pas là, mais de travailler sérieusement à une alternative. Les Français veulent des réponses à leurs difficultés et que l’on démontre en quoi nous sommes différents.

Comment gérer la primaire socialiste lorsqu’on annonce déjà une dizaine de candidatures ?

Dix candidats à la primaire ! C’est trop ! Le PS compte beaucoup de talents, mais tout le monde ne peut pas devenir président. A partir du moment où tout le monde s’exprime en tous sens, en cherchant à se faire repérer par les médias, ça crée une cacophonie dommageable à l’alternative. J’appelle donc à l’unité et à la responsabilité tous ceux qui pensent ne pas avoir trop de chances de battre Sarkozy.

Pourquoi autant de candidats ? D’où vient le problème ?

Susciter des candidatures dont certaines n’ont aucune chance parasite le travail que nous faisons. Martine Aubry, depuis des mois, organise convention après convention. Nous travaillons beaucoup mais ça ne se voit pas à cause des candidatures multiples et variées. Je dis à mes petits camarades candidats : vous avez fait un tour de piste, c’est très bien, mais maintenant revenez dans le giron et travaillez à l’union.

Quel candidat voyez-vous sortir vainqueur de la primaire ?

Au moment où je vous parle, je n’ai aucune idée. Je souhaite que DSK ou Martine Aubry soient le candidat ou la candidate des socialistes parce que j’estime que ce sont nos meilleurs atouts pour diriger le pays en battant Sarkozy.

Que pensez-vous de Ségolène Royal qui est officiellement partie en campagne pour la primaire ?
Il n’est pas anormal que l’ancienne candidate des socialistes à la présidentielle cherche à tester sa popularité. Mais elle ne doit pas le faire au détriment des socialistes.

Elle a annoncé qu’elle choisirait volontiers DSK comme Premier ministre si elle était élue en 2012. Qu’en a-t-il pensé ?

Je n’en sais strictement rien mais je ne vois pas très bien où elle veut en venir. Soit elle estime que DSK est la personnalité idoine pour gouverner la France, dans ce cas, on ne voit pas pourquoi elle se présente à la présidentielle. Soit elle pense que c’est elle et dans ce cas elle n’a pas besoin de DSK.

Pensez-vous, comme Cohn-Bendit, que la gauche a mis en marche la machine à perdre ?

J’ai l’impression de revivre le délitement de la gauche plurielle, plus les primaires de la dernière présidentielle. Ça fait beaucoup. Je pense que Nicolas Sarkozy est dans les cordes, que l’UMP n’a plus de propositions ou d’imagination pour un deuxième quinquennat. La gauche peut donc l’emporter. Mais le principal atout de Nicolas Sarkozy, c’est que la gauche se bat entre elle.

Mélenchon, très critique à l’égard de DSK, est-il le bon candidat pour représenter la gauche de la gauche ?
Mélenchon est pour la révolution citoyenne. Il peut plaider pour la révolution sans obligatoirement vouloir faire du PS son ennemi. C’est aux électeurs communistes de dire s’ils veulent, comme le propose Mélenchon, recomposer la gauche ou battre Sarkozy.

Sarkozy taquine plus qu’il ne critique DSK. N’est-ce pas un handicap pour celui qui, s’il se présente, doit mobiliser la gauche ?

Ne pas le critiquer c’est reconnaître ses qualités et s’interdire de pouvoir le critiquer, s’il entre en compétition. Je ne sais pas si c’est un bon calcul. Par ailleurs, le président de la République reprenant les propositions du PS et de la gauche européenne en terme de gouvernance mondiale ou de taxation des mouvements de capitaux, il lui serait quand même difficile de critiquer la gauche.

Comment la gauche peut-elle récupérer les voix centristes que Sarkozy courtise allègrement ?

Je crois que Nicolas Sarkozy travaille beaucoup à effacer tout ce qu’il a fait dans la première partie de son quinquennat. Pour le reste, je ne suis pas dans une démarche de politique sociologique prévoyant de dire telle ou telle chose pour essayer de séduire tel ou tel électorat. C’est d’ailleurs ce qui conduit la droite à aller sur le terrain du FN. Je crois plutôt que c’est l’offre politique globale qui permet à un pays de se déterminer.

Ségolène Royal se présente comme la candidate du peuple. Sur quels thèmes DSK construirait-il sa campagne s’il était candidat ?

Je crois que le candidat socialiste, quel qu’il soit, doit être à l’aise dans les principes et valeurs de gauche. Mais il doit rassembler la France. La présidentielle, sous la Ve République, ce n’est pas être le candidat ou le président de la gauche, mais c’est être le président de la France. On peut le regretter, mais c’est ainsi.

Est-ce que l’absence et le silence de DSK sont une stratégie ?

Non ce n’est jamais une stratégie. Mais les Français ne sont pas dans la présidentielle. Ils sont confrontés à des problèmes concrets et ils attendent les réponses. Les prochaines échéances sont les cantonales et il sera toujours temps, lorsqu’ils se tourneront vers la présidentielle, de leur présenter nos projets d’avenir.

Publié dans Parti Socialiste

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