L'idée de DSK pour sauver l'euro

Publié le par SD32

yes2008fr 23Comment éviter que les pays du sud de l'Europe continuent de s'endetter à des taux d'intérêt insoutenables sans pour autant recourir aux euro-obligations, dont l'Allemagne ne veut pas entendre parler? L'ancien directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn a son idée, qu'il a testée lors du forum YES (Yalta European Strategy), sorte de Davos qui vient de se tenir sur les rives de la mer Noire.

Depuis le début de la crise de la zone euro, a expliqué Dominique Strauss-Kahn, la dette des pays les plus solides comme l'Allemagne et la France est de plus en plus recherchée, les investisseurs réclamant les signatures de « qualité » (« flight to quality »), tandis que l'écart se creuse avec les pays les plus fragiles qui s'endettent à des taux de plus en plus élevés. « Si on continue comme cela, le système va exploser », a souligné Dominique Strauss-Kahn, qui suggère que les pays les mieux notés comme l'Allemagne « remettent au pot une partie de l'écart de taux d'intérêt » au profit de pays comme l'Espagne ou l'Italie.

Les euro-obligations -des titres émis au nom de tous les pays de la zone euro -permettraient d'aboutir au même résultat « mais les Allemands les refusent car ils ne veulent pas assumer le stock de dette. Il faut donc trouver une autre solution et agir sur le flux », plaide l'ancien patron du FMI.

Selon le mécanisme imaginé par Dominique Strauss-Kahn, les pays de la zone euro pourraient se réunir tous les quinze jours et décider de rétrocéder une partie de l'écart de taux d'intérêt au profit des plus faibles: 150 points de base pour l'Allemagne, 80 pour la France ,etc. « Ces pays ont intérêt à accepter un surcoût pour éviter l'explosion de la zone euro. Il s'agirait de toute façon d'un dispositif temporaire qui permettrait de ramener les taux à des niveaux raisonnables et de retrouver le calme sur le marché de la dette », a dit Dominique Strauss-Kahn.

Pour l'ancien patron du FMI, ce dispositif a le même effet que les euro-obligations sans les inconvénients puisque « chaque pays reste entièrement responsable de sa dette ». Dans son esprit, le soulagement procuré sur le coût de financement de la dette ne devrait pas se faire au détriment des réformes, au contraire : « Les Etats doivent retrouver des finances publiques saines, mais il leur faut aussi du temps sinon tout le système ira à la catastrophe. »

A Yalta, l'idée de Dominique Strauss-Kahn a été saluée par Niall Ferguson, professeur à Harvard, et Bob Zoellick, l'ancien patron de la Banque mondiale. Dominique Strauss-Kahn espère qu'elle va faire son chemin.

Source Les Echos

Autres propos tenus par Dominique Strauss-Kahn au cours de cette conférence

..." les tactiques employées par les institutions financières internationales et les gouvernements européens pour lutter contre les problèmes économiques doivent être modifiées.. La reprise économique a été de nouveau reportée et ses perspectives ne sont guère réjouissantes. A l'échelle mondiale, la croissance sera lente et accompagnée par de mauvaises conditions financières. Les politiques des pays clés n'ont pas restauré la confiance dans la reprise économique...

...L'économie doit être relancée de manière innovante. Nous avons cru que l'essentiel était d'éviter les pertes. C'est d'abaisser les taux, de proroger les délais de remboursement de la dette. Et nous n'avons pas accepté le fait qu'il valait mieux subir des pertes maintenant, si elles sont inévitables... Et maintenant, nous subissons une avalanche de problèmes économiques …...Les tactiques traditionnelles préconisées par le FMI dans la résolution des problèmes de la Grèce n'ont pas réussi à répondre aux attentes...Les mesures de sauvetage étaient justifiées au cours de la phase aiguë de la crise, mais aujourd'hui, la situation est différente.

...Les pompiers sont bons lorsque le feu fait rage. Mais nous devons faire face à la récupération. Les dirigeants européens doivent démontrer qu'ils peuvent y faire face …

 

Publié dans Politique européenne

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