La retraite à 60 ans ? Il y a une alternative !

Publié le par SD32

marianne2.jpgArrêtons de nous focaliser sur l'âge de la retraite, et permettons à chacun de choisir le moment de quitter la vie active, une fois toutes ses annuités acquises. Et profitons-en pour supprimer l'âge couperet de 70 ans, au-delà duquel un employeur peut mettre d'office un salarié à la retraite. C'est ce que propose Laurent Neumann, de MARIANNE.
Cette semaine, Marianne publie une longue enquête consacrée à ces jeunes de 25 à 30 ans, parfois plus, qui sont toujours aux crochets de leurs parents. Non pas les « Tanguy » d’hier qui retardaient le plus possible le moment de quitter le doux cocon familial. Mais des jeunes gens et des jeunes filles qui rêveraient de s’émanciper, d’être financièrement autonomes, mais qui se heurtent de plein fouet au chômage, au travail précaire, aux prix démentiels des loyers et qui n’ont d’autres choix que de taper au portefeuille parents et, même parfois, grands-parents pour boucler leurs fins de mois ou juste manger à leur faim.


Pendant que l’on débat sur la réforme (indispensable) du financement des retraites, qui se soucie aujourd’hui du chômage des jeunes? Pour cette génération sacrifiée, le débat sur le maintien ou la suppression de l’âge du départ à la retraite à 60 ans doit avoir quelque chose de surréaliste. A quel âge ceux qui peinent aujourd’hui à entrer sur le marché du travail auront-ils totalisé le nombre d’annuités nécessaires pour bénéficier d’une retraite à taux plein ? 62 ans ? 65 ans ? Plus ?


Certes, la majorité des Français restent attachés au principe de la retraite à 60 ans. Tout en sachant déjà, quel que soit le projet finalement retenu par le gouvernement, qu’ils devront sans doute travailler au-delà de cet âge pour espérer toucher une pension digne de ce nom. Faut-il, pour autant s’accrocher à ces « 60 ans » ? La question mérite d’autant plus d’être posée qu’aujourd’hui déjà l’âge moyen de départ de la retraite est déjà de 61,6 ans. En réalité, l’entrée dans la vie active étant de plus tardive (22 ans en moyenne) et la durée de cotisations étant allongée (41,5 ans en 2020), la barrière des 60 ans est déjà virtuellement abattue.

Formulons néanmoins une hypothèse : et si, plutôt que de maintenir les « 60 ans » (comme le réclament le PS et les syndicats) ou de repousser l’âge du droit au départ à la retraite (comme se prépare à le décider la droite), on imaginait une troisième possibilité ? Que chacun ait désormais la possibilité de faire valoir ses droits à la retraite quand il (ou elle) le veut, a fortiori si il (ou elle) dispose de toutes ses annuités. C’est simple et, surtout, c’est juste. Prenons l’exemple d’un salarié qui aurait commencé à travailler à 18 ans : pourquoi l’empêcher de prendre sa retraite (à taux plein) à 60 ans s’il a travaillé pendant 42 ans ?

Oublions, donc, les « 60 ans ». Mais allons jusqu’au bout : oublions aussi l’âge couperet des 70 ans qui permet aux employeurs d’obliger les salariés qui souhaitent encore travailler à quitter la vie active.
Une fois abolies ces deux « âges limites » que l’espérance de vie rend caduques, ne restera plus à répondre qu’aux deux questions essentielles :

1) Comment intégrer, dans le calcul des pensions et des annuités nécessaires, la pénibilité au travail ?

2) Comment imaginer d’autres sources de recettes plus justes, la taxation des revenus du capital, par exemple, qui ne sont aujourd’hui imposés en moyenne qu’autour de 18 ou 19% quand ceux du travail sont taxés à plus de 45% ?

Alors là, oui, les Français accepteront peut-être dans leur grande majorité de ne pas faire une fixette sur ce que la droite appelle à tort le « dogme » des 60 ans !

Source Marianne2.fr

Publié dans Faits de société

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N
<br /> je suis d'accord avec vous, laissons certaines catégories de métiers choisir l'âge de la retraite. mais je suis certaine que si nous informions mieux dès le plus jeune âge dans le monde de travail<br /> nos jeunes de leur inculquer les informations quelques soient leurs études des différences de traitements de retraites. il est important que nos jeunes soient investit de ce savoir pour mieux<br /> appréhender notre société future. nicole<br /> <br /> <br />
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