Le PS contre Strauss-Kahn ?

Publié le par SD32

dsk1.jpgLes socialistes éprouvent décidément une certaine jubilation à mettre des bâtons dans les roues à leurs candidats « providentiels ». Lorsque, en 1994, ils attendaient Jacques Delors comme le Messie, ils s'étaient ingéniés à mettre au point l'un des programmes les plus à gauche de leur histoire récente.

On se souvient du congrès de Liévin, où Henri Emmanuelli, alors premier secrétaire, appelait « Jacques » à « faire son devoir », avant que les congressistes n'entonnent « L'Internationale ». Résultat : Delors avait pris la poudre d'escampette.

Voici qu'ils recommencent avec Dominique Strauss-Kahn. Chacun sait que son mandat à la tête du FMI court jusqu'en octobre 2012 et qu'il souhaite le quitter le plus tard possible. N'importe quel Français peut comprendre que, disposant d'une expérience politique et d'une aura internationale, il n'a pas besoin, contrairement à d'autres, de temps pour se construire une image présidentielle. Mais qu'il a plutôt intérêt à mener la campagne la plus courte possible, car il n'aura que des coups à prendre.

Peu importe, le règlement c'est le règlement, et DSK, comme les autres, est sommé de se déclarer (ou non) avant le 14 juillet. Et de mener un long trimestre durant une première campagne pour l'élection primaire. Pas question de lui laisser jusqu'à la rentrée prochaine pour se déclarer. Il est vrai que certains de ses rivaux potentiels (Hollande, Royal) se montraient plus pressés ; il a fallu faire des compromis…

Verra-t-on donc le futur ex-directeur du FMI faire cet été la tournée des plages à la rencontre des sympathisants socialistes, après avoir fait celle des capitales du monde entier ? Se montrera-t-il sur une étape du Tour de France afin de convaincre le peuple qu'il est des siens et non du gotha international, comme l'en accusent ses adversaires ? Ce serait assez cocasse, pour lui comme pour ses concurrents.

En fait, le PS a toujours un problème avec cette élection présidentielle qui heurte sa tradition parlementariste. Il tente cette fois de le résoudre par les primaires. Nombre de ses dirigeants sont par ailleurs persuadés que Ségolène Royal a perdu en 2007 parce qu'elle a manqué de temps. C'est tout le contraire : plus la campagne avançait, et plus elle baissait dans les intentions de vote.

Voilà pourquoi la longue campagne que le Parti socialiste promet aujourd'hui à son futur candidat, Strauss-Kahn ou un autre, n'est pas un service à lui rendre.

 

Source Sud Ouest

Publié dans Politique

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