Le débat présidentiel, une vraie confrontation
Il m’est très difficile d’écrire longuement sur le débat présidentiel d’hier soir, je n’ai pas l’objectivité et le recul pour ça, et tant de choses ont déjà été dites. Alors, quelques impressions seulement.Nicolas Sarkozy a été plus faible que prévu, il est resté très en dedans, il a manqué d’énergie et de force de conviction.
Ségolène Royal, au contraire, a affirmé sa personnalité, elle a démontré une autorité et une volonté.
Au fond, au-delà des différences connues des programmes, se confrontaient deux conceptions de la Présidence de la République. L’une qui voit un Président engagé, donnant les grandes orientations sans se désintéresser de la conduite des affaires, faisant jouer aux partenaires sociaux un rôle essentiel, l’autre voyant le Président comme un super Premier ministre, réglant, sans la société, les problèmes dans le détail. Sur les questions de société – environnement, éducation – Ségolène Royal a nettement pris le dessus. Sa colère a montré qu’un Président devait aussi garder ses capacités d’indignation, ses valeurs, sa volonté de lutter contre l’injustice, elle a rappelé que le Président de l’UMP ne pouvait se contenter de promesses et s’exonérer du bilan de la droite sortante.Pendant toute l’émission, Nicolas Sarkozy a paru étrangement passif, mal à l’aise, il a été souvent dominé, parfois presque petit garçon.Au fond, tout s’est passé comme entre un Président et son Premier ministre de cohabitation. Cela rappelle 1988, et le match Mitterrand-Chirac.
On sait quel fut le résultat de l’élection : j’en accepte, pour 2007, l’augure.
Pierre MOSCOVICI
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