Il faut construire le socialisme du réel

Jean Christophe CAMBADELIS a récemment accordé une interview à Matthieu ECOIFFIER, parue dans l’édition du 8 mai de Libération.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jean Christophe, et je le reconnais bien là, ne pratique pas la langue de bois. Clarté et lucidité dans l’analyse de la situation , à gauche, et notamment au PS. Conviction et détermination dans la démarche politique à entreprendre.
" Notre campagne a été dynamique. Le rejet de Sarkozy a été fort, les meetings pleins et les militants nombreux. Ségolène a été déterminée. Et pourtant, au premier tour, avec 35 %, jamais la gauche n’a été aussi faible depuis les années 60. Et pourtant, avec 46,9 % jamais la candidature de gauche n’a été aussi basse au second tour. Et pourtant, la participation a été extrêmement forte. C’est la troisième élection présidentielle que nous perdons d’affilée. Nous savons combien vont souffrir la France et les Français. "
" Le logiciel de la gauche actuelle n’est plus majoritaire dans le pays. Si nous voulons demain renouer avec la victoire et rendre l’espoir aux Français, il nous faut le rendre à nouveau majoritaire… Nous n’avons pas construit une opposition de projet, nous n’avons pas répondu à la nécessité du temps présent. Et nous n’avons pas travaillé à une offre politique réaliste et de gauche, en tranchant les débats qui nous ont opposés pendant les cinq dernières années."
" Nous avons subi une défaite et nous avons entendu le message du pays. On ne peut aller aux législatives en proclamant : on a été bons, on est bons et on sera bons. Nous devons engager le processus de refondation de la gauche et construire un socialisme réel, dans le réel, qui sera la maison du renouveau."
Et à celles et ceux qui auraient des inquiétudes ou tout simplement des arrières pensées, Jean Christophe tient à préciser que cette maison du renouveau "elle est à bâtir et elle est à gauche."
Et comme le message doit bien être entendu pour être bien compris, Jean Christophe poursuit : " arrêtons de faire de la tactique, de l’élaboration approximative, le regard rivé sur le score de la droite dans sa ville. Revenons à l’identité de la gauche, changeons la gauche pour changer la France. François Bayrou n’a pas appelé à voter Ségolène Royal, cela nous a coûté. Il va créer un nouveau parti. C’est à lui de se situer, pas à nous de quémander. Ne tombons pas dans la cuisine électorale. Affichons nos valeurs, notre socialisme moderne, puis le temps de la bataille viendra."
Cette " maison du renouveau " proposée par Dominique Strauss-Kahn " vise à rassembler tous ceux qui veulent changer la gauche et s’opposer au pouvoir qui se met en place et qui inquiète."
Et comme la question est sur toutes les lèvres - Hollande doit-il rester aux manettes ? Et quid de Royal ? – la réponse de Jean Christophe est tout aussi précise : " ce n’est pas la question du jour. Les socialistes seront unis. François Hollande prendra ses responsabilités, et chaque leader du PS comme chaque militant doit s’engager dans la bataille décisive des législatives. Ségolène y a toute sa place, elle a mené une bonne bataille, mais elle n’a pas gagné. On ne peut pas transformer le plomb de la défaite en or de la victoire."
Voilà au moins qui a le mérite d’être dit. Tout comme le fait pour Jean Christophe de rappeler que " Dominique – dimanche soir- n’a nullement " critiqué des personnalités" mais simplement " mis en cause une démarche avortée , celle de la refondation du PS."
A Socialisme & Démocratie 32 , on l'avait compris comme celà mais Jean Christophe a bien fait de le préciser à nouveau.
A une autre question perfide- en la taclant dès dimanche, DSK ne s’est-il pas aliéné les nouveaux adhérents PS pro-Royal ? la réponse de Jean Christophe est empreinte de finesse et de subtilité : "les nouveaux adhérents sont attentifs à une nouvelle donne, ils ne sont la propriété de personne."
Enfin , interrogé sur le point de savoir si le congrès du Parti socialiste doit être avancé , Jean Christophe conclut l’entretien sur ces quelques mots : " il y a devant nous une rénovation des idées, de l’alliance et du discours, donc un renouveau du PS. Il faut que quelqu’un soit mandaté dans moins d’un an pour accomplir ces trois défis."
Philippe PUGNET
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jean Christophe, et je le reconnais bien là, ne pratique pas la langue de bois. Clarté et lucidité dans l’analyse de la situation , à gauche, et notamment au PS. Conviction et détermination dans la démarche politique à entreprendre.
CLARTE
" Notre campagne a été dynamique. Le rejet de Sarkozy a été fort, les meetings pleins et les militants nombreux. Ségolène a été déterminée. Et pourtant, au premier tour, avec 35 %, jamais la gauche n’a été aussi faible depuis les années 60. Et pourtant, avec 46,9 % jamais la candidature de gauche n’a été aussi basse au second tour. Et pourtant, la participation a été extrêmement forte. C’est la troisième élection présidentielle que nous perdons d’affilée. Nous savons combien vont souffrir la France et les Français. "
LUCIDITE
" Le logiciel de la gauche actuelle n’est plus majoritaire dans le pays. Si nous voulons demain renouer avec la victoire et rendre l’espoir aux Français, il nous faut le rendre à nouveau majoritaire… Nous n’avons pas construit une opposition de projet, nous n’avons pas répondu à la nécessité du temps présent. Et nous n’avons pas travaillé à une offre politique réaliste et de gauche, en tranchant les débats qui nous ont opposés pendant les cinq dernières années."
CONVICTION
" Nous avons subi une défaite et nous avons entendu le message du pays. On ne peut aller aux législatives en proclamant : on a été bons, on est bons et on sera bons. Nous devons engager le processus de refondation de la gauche et construire un socialisme réel, dans le réel, qui sera la maison du renouveau."
Et à celles et ceux qui auraient des inquiétudes ou tout simplement des arrières pensées, Jean Christophe tient à préciser que cette maison du renouveau "elle est à bâtir et elle est à gauche."
Et comme le message doit bien être entendu pour être bien compris, Jean Christophe poursuit : " arrêtons de faire de la tactique, de l’élaboration approximative, le regard rivé sur le score de la droite dans sa ville. Revenons à l’identité de la gauche, changeons la gauche pour changer la France. François Bayrou n’a pas appelé à voter Ségolène Royal, cela nous a coûté. Il va créer un nouveau parti. C’est à lui de se situer, pas à nous de quémander. Ne tombons pas dans la cuisine électorale. Affichons nos valeurs, notre socialisme moderne, puis le temps de la bataille viendra."
DETERMINATION
Cette " maison du renouveau " proposée par Dominique Strauss-Kahn " vise à rassembler tous ceux qui veulent changer la gauche et s’opposer au pouvoir qui se met en place et qui inquiète."
Et comme la question est sur toutes les lèvres - Hollande doit-il rester aux manettes ? Et quid de Royal ? – la réponse de Jean Christophe est tout aussi précise : " ce n’est pas la question du jour. Les socialistes seront unis. François Hollande prendra ses responsabilités, et chaque leader du PS comme chaque militant doit s’engager dans la bataille décisive des législatives. Ségolène y a toute sa place, elle a mené une bonne bataille, mais elle n’a pas gagné. On ne peut pas transformer le plomb de la défaite en or de la victoire."
Voilà au moins qui a le mérite d’être dit. Tout comme le fait pour Jean Christophe de rappeler que " Dominique – dimanche soir- n’a nullement " critiqué des personnalités" mais simplement " mis en cause une démarche avortée , celle de la refondation du PS."
A Socialisme & Démocratie 32 , on l'avait compris comme celà mais Jean Christophe a bien fait de le préciser à nouveau.
A une autre question perfide- en la taclant dès dimanche, DSK ne s’est-il pas aliéné les nouveaux adhérents PS pro-Royal ? la réponse de Jean Christophe est empreinte de finesse et de subtilité : "les nouveaux adhérents sont attentifs à une nouvelle donne, ils ne sont la propriété de personne."
Enfin , interrogé sur le point de savoir si le congrès du Parti socialiste doit être avancé , Jean Christophe conclut l’entretien sur ces quelques mots : " il y a devant nous une rénovation des idées, de l’alliance et du discours, donc un renouveau du PS. Il faut que quelqu’un soit mandaté dans moins d’un an pour accomplir ces trois défis."
Philippe PUGNET
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