Tout remettre à plat pour créer une gauche concrète
Depuis dimanche soir, depuis qu’il est apparu grave et profondément meurtri par notre défaite à l‘élection présidentielle, Dominique Strauss-Kahn est vivement critiqué par bon nombre de socialistes, plus soucieux de trouver un bouc émissaire que de regarder la réalité en face.
Peu importe, il fait face et pour bien se faire comprendre, il affirme, à nouveau, comme hier matin, sur France Inter, qu" il faut rénover et je suis disponible pour ça. Sans doute d'autres ne le sont pas et veulent continuer sur la ligne qui a été celle qu'on a suivie jusqu'à maintenant et que je crois erronée (…) et je ne vois pas en quoi se dire disponible au service de son parti est quelque chose qui serait indécent".
Hier au soir, alors qu’il animait à Paris, une réunion de soutien à la candidature aux législatives de Jean Christophe Cambadélis, Dominique Strauss-Kahn est revenu sur son intervention du 6 mai . S’il a reconnu avoir eu un "visage dur" ce soir là sur les plateaux de télévision , il s'est défendu de s'être composé un "visage de la vengeance" contre Ségolène Royal, notre candidate. Au contraire, il lui a rendu hommage pour avoir " su faire bouger les lignes".
Pour autant défaite il y a et il convient de la regarder en face, sans faux semblants ni faux fuyants ." Tout doit être remis à plat. Tout doit être reconsidéré...pas de tabous ". "Je vis la situation d'aujourd'hui comme en 1969", a-t-il expliqué, au cours de cette soirée , faisant allusion au scrutin présidentiel qui avait vu la gauche être éliminée dès le premier tour et avait constitué la première étape vers la construction du nouveau PS, né deux ans plus tard au congrès d'Epinay. Disant celà, en ce jour anniversaire, Dominique Strauss-Kahn s'est souvenu que pour préparer le succès du 10 mai 1981, "il y avait à la fois - et il faut ça pour la victoire - une stratégie, un projet et un parti".
La stratégie ? "Une alliance de toute la gauche sans préalable idéologique".
Le projet ? "Changer la vie, 110 propositions pour changer la vie. Cela c'est un projet à la hauteur du socialisme".
Le parti ? Un PS qui, tournant le dos aux "vieilles haines recuites", était "devenu un parti de débat en phase avec les Français".
Vingt-cinq ans plus tard, "l'unanimisme comme stratégie et l'habilité comme méthode cela finit par avoir des conséquences", a-t-il déploré.
Désormais, Dominique Strauss-Kahn se tourne résolument vers l’avenir et prône une gauche conquérante : "Les Français veulent une gauche efficace, les Français veulent une gauche crédible, les Français veulent une gauche concrète (...) une gauche du réel pas de l'idéologie (...) efficace pas incantatoire (...) une gauche qui règle les problèmes, pas une gauche qui ressasse les solutions d'hier " et " un Parti socialiste qui retrouve son lien qu'il n'aurait jamais dû perdre avec la réalité économique et sociale de notre pays ".
A un mois des législatives, Dominique Strauss-Kahn n' arrête pas de rappeler " il faut se battre", se déclare à nouveau " disponible" pour aider les candidat(e)s socialistes et refuse " de considérer aujourd'hui que la démocratie est un jeu et qu'une fois qu'on a élu un président de la République ce n'est même pas la peine d'aller aux législatives".
A Socialisme et Démocratie 32, nous savons que Dominique Strauss-Kahn , comme il l’a fait auprès de Ségolène Royal, ne ménagera pas ses efforts dans cette nouvelle campagne et viendra aider bon nombre de candidat(e)s socialistes.
Car l’enjeu maintenant, c’est de tout mettre en œuvre pour que le nouveau Président ne récupère pas les pleins pouvoirs, au soir du 17 juin prochain.