Jean-Marc Ayrault réclame une commission d'enquête

Publié le par SD32

AYRAUT2.jpgLe président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a écrit vendredi 3 août à Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, pour réclamer la création d'une commission d'enquête parlementaire au sujet de la vente de missiles à la Libye quelques jours après la libération des infirmières bulgares.

"Depuis l'audition du ministre des Affaires étrangères par la commission compétente de notre Assemblée, des informations sur la négociation entre la République française et la Libye d'accords portant sur des exercices militaires et de contrats de vente d'armes sont révélées", écrit Jean-Marc Ayrault.

"Faire le clair"

" Dans un souci de transparence à l'égard de nos concitoyens, je vous informe que le groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche demande la création d'une commission d'enquête parlementaire sur l'ensemble de ces faits", ajoute-t-il.

La lettre du maire de Nantes formalise la demande faite par François Hollande, le premier secrétaire du PS, qui a demandé, un peu plus tôt vendredi, une commission d'enquête parlementaire pour "faire le clair" sur les négociations entre la France et la Libye.

"La procédure a été parfaitement suivie"

Le président UMP de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée, Axel Poniatowski, n'a pas tardé à répondre au PS. " Il me semble qu'il faudrait vraiment qu'il y ait des éléments nouveaux, parce que dans cette affaire aujourd'hui, il n'y a aucun élément qui est réellement susceptible de déclencher une telle commission", a-t-il déclaré vendredi sur France Inter.
Le contrat " est autorisé depuis 12 mois, donc la procédure a été parfaitement suivie. Ca n'est pas en soi un élément nouveau", a affirmé le député du Val-d'Oise, qui souligne que la demande des socialiste a peu de chances d'aboutir: " Il faudrait qu'ils déposent une proposition de résolution, qu'un rapporteur soit nommé, que ce soit approuvé par la commission des affaires étrangères, puis par toute l'Assemblée nationale avant qu'elle puisse voir le jour".

EADS et la Libye sont sur le point de signer un contrat de missiles antichars Milan et sont en discussions au sujet d'un autre, portant sur un système de communication radio sécurisé, selon un porte-parole du groupe européen d'aéronautique, de défense et d'espace. Le premier contrat a fait l'objet de 18 mois de discussions et les négociations pour le second durent depuis "plusieurs mois", a ajouté le porte-parole d'EADS.

Plus d'embargo

Hervé Morin, ministre de la Défense, a assuré à l'AFP que le personnel d'EADS, le groupe européen d'aéronautique et de défense avec lequel la Libye vient de finaliser un contrat d'armement, était sur place "depuis 45 jours".
Guéant et Cécilia Sarkozy ne se rendent en Libye que le 12, puis du 22 au 24 juillet pour la libération des soignants bulgares, a déclaré Hervé Morin, interrogé sur le calendrier des négociations sur ces missiles antichar Milan.
"Il faut être clair: il n'y a plus d'embargo, la Libye est un pays qui a renoncé à tout son programme nucléaire militaire, qui accepte parfaitement les contrôles de l'AIEA", a argumenté le ministre.
"Donc, il n'y a aucune raison que les pays n'engagent pas des discussions pour moderniser l'armée libyenne".

"Si ce n'est pas nous, ce sera d'autres", selon Hervé Morin. " Il y a des tas de pays en discussion avec Tripoli: les Italiens, les Russes, les Britanniques..."

Réaffirmant qu'il n'y "a pas eu de contreparties" à la libération des Bulgares, car "tout était déjà en cours", le ministre a fait valoir que "sur les contrats d'armement, la finalisation, l'ultime touche passent, en général, par un acte politique : le déplacement du président, du Premier ministre, d'un ministre".

Des contreparties ?

L'opposition de gauche soupçonne l'Etat français d'avoir accordé des contreparties, financières ou sous forme de contrats commerciaux, à Tripoli, en échange de la libération par la Libye, le 24 juillet, de cinq infirmières bulgares et d'un médecin d'origine palestinienne qui étaient emprisonnés depuis huit ans.

La France et la Libye ont par ailleurs signé une série d'accords de coopération, dont un "memorandum d'entente" dans le domaine du nucléaire civil et un accord portant sur l'industrie de défense, dont les détails n'avaient pas été révélés.

Mercredi, Nicolas Sarkozy avait une nouvelle fois démenti l'existence d'une contrepartie accordée à la Libye en échange de la libération des infirmières, qui étaient emprisonnées au motif d'avoir délibérément inoculé le virus du sida à plus de 400 enfants libyens dans un hôpital de Benghazi.

Source Le Nouvel Obs (avec Reuters et AFP)
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