Des socialistes de toutes sensibilités discutent sereinement de l'avenir du parti

Publié le par SD32

Jospin.jpgPlusieurs centaines de socialistes de toutes sensibilités se sont retrouvés ce dimanche à Paris pour discuter de sujets "de fond": mondialisation, société, situation de la gauche, dans une ambiance qualifiée de sereine par nombre de participants.
 
En arrivant à cette journée de débat organisée par ses amis , Lionel Jospin a expliqué : "Je suis venu car il s'agit de thèmes de réflexion importants, comme la mondialisation ou l'avenir de la gauche et du PS".  Et il a rajouté: " le PS a besoin d'être au clair sur son rapport au monde, à la réalité, et à lui-même".

" Nous sommes à l'épreuve", a reconnu , de son côté, Bertrand Delanoë, un proche de Lionel Jospin, au terme de cette rencontre intitulée " construire une nouvelle perspective à gauche ".
 
Il s'agissait, selon le député européen Harlem Désir, de " confronter les analyses, sans se renier" et de clarifier des sujets "où on a brouillé notre propre message".
"Les valeurs de la gauche restent, et la défaite du 6 mai ne valide pas les positions de la droite", a-t-il ajouté.
 
"La confusion idéologique et le fait de faire plaisir à tout le monde, on a déjà essayé, ça n'a pas marché", a glissé le maire de Paris.
 
Quelque 500 socialistes de tous bords, parlementaires, responsables de collectivités locales, militants, avaient répondu à l'invitation: l'ancien Premier ministre et ses proches, mais aussi des proches de François Hollande comme Razzye Hammadi, des fabiusiens comme les maires d'arrondissement Pierre Castagnou et Pierre Aidenbaum ou le député du Gers, Philippe Martin, des strauss-kahniens tels Pierre Moscovici et Michèle Sabban, des proches de Ségolène Royal comme Patrick Bloche, Christophe Girard et des "rénovateurs" tels Gaëtan Gorce.
 
Lionel Jospin a planché sur la mondialisation, en défendant " la régulation ". " Régulation et protection ", a renchéri le fabiusien Guillaume Bachelay, membre du bureau national.
 
Les participants ont écouté attentivement le politologue Pascal Perrineau leur dire que la gauche " a un problème avec le peuple" et que la démocratie participative (ndlr: chère à Mme Royal) n'était " pas adaptée à une présidentielle".

" La gauche doit arrêter de jouer individualiste et jouer collectif", a estimé le responsable d'AC-le feu, Mohammed Mechmache.
 
Les participants ont applaudi à cette initiative.
 
Pascale Le Neouannic, proche de Jean-Luc Mélenchon, a regretté que de tels débats ne soient pas organisés par le parti. " L'ambiance est sereine, à l'écoute, je ne sais pas ce que ça donnera, mais c'est intéressant, même s'il y a des désaccords ".
 
Michèle Sabban s'est réjouie que " l'ensemble de la famille socialiste puisse se retrouver sur les vraies questions".
 
"C'est un débat ouvert sans préjugés, ce n'est pas la naissance d'un nouveau courant", a noté Pierre Moscovici.
 
"On ne fait pas cela autour d'hommes, mais d'idées", a souligné Pierre Castagnou, pour qui la discussion était "plus décrispée que dans les sections".
 
" On retrouve l'esprit de La Rochelle ", s'est réjouie la députée Annick Lepetit, une des organisatrices.
 
"Cette ambiance me rappelle celle d'avant 81", a lancé un vieux militant.
 
Dans le droit fil de la journée, nombre d'intervenants ont défendu l'idée d'un congrès qui soit "un vrai congrès" et non un "congrès transitoire", comme avancé parfois par les proches de Ségolène Royal.
 
" Il ne serait pas sage de le concevoir comme tel, car les difficultés du Parti socialiste, c'est maintenant qu'il les a et c'est maintenant qu'il doit y répondre", a lancé Lionel Jospin.
 
Michèle Sabban a demandé elle aussi "un vrai congrès, idéologique, avec un vrai projet politique", tandis qu'Annick Lepetit souhaitait un premier secrétaire "fort".

Source AFP
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