Pierre MOSCOVICI : l'homme qui monte au PS

Publié le par SD32

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Pierre Moscovici, député PS du Doubs, et secrétaire national à l'International, préside, à partir de ce jeudi, la commission parlementaire sur la libération des infirmières bulgares. C'est l'homme qui monte au PS.

PORTRAIT
" J'ai été lieutenant de Lionel Jospin à trente ans, de Dominique Strauss-Kahn à quarante-cinq. Aujourd'hui, ils ne sont plus actifs au Parti socialiste. J'ai cinquante ans, c'est le moment d'être libre et de faire ma vie", explique Pierre Moscovici. Le Parti socialiste changera de premier secrétaire en 2008. Dominique Strauss-Kahn au FMI, Lionel Jospin écarté, l'énarque peut jouer sa partition. Il sera candidat pour succéder à François Hollande. Une suite logique dans la carrière de ce fils d'une mère analyste, communiste, qui a signé l'appel des 121 contre la guerre d'Algérie et d'un père spécialiste de la psychologie sociale et co-fondateur des Verts, qui a débuté sa carrière sous la bannière trotskiste.

Pierre Moscovici enchaîne Science po, l'Ena, où Dominique Strauss Kahn est son professeur, puis obtient deux DEA, en philosophie et en sciences économique. En 1986, il adhère au PS et deux ans plus tard il entre au cabinet de Lionel Jospin, alors ministre de l'Education nationale. En 1990, il intègre la direction du parti, qu'il ne quittera plus. Il devient secrétaire national aux Etudes, trésorier puis secrétaire national à l'International, poste qu'il occupe encore aujourd'hui.

Il acquiert une légitimité nationale par les urnes, en 1997. Dans la vague rose, Pierre Moscovici devient député du Doubs. Il rêve du portefeuille du Budget, mais lorsque Lionel Jospin entre à Matignon, il le nomme aux Affaires européennes. Chargé du programme du candidat socialiste pour la présidentielle 2002, la défaite est cinglante. " J'étais bouleversé, mais pas totalement surpris. Depuis les municipales de 2001, je sentais que l'électorat populaire avait décroché. Nous étions déconnectés des problèmes du peuple ." Aux Européennes de 2004, ce conseiller municipal de Montbéliard est élu vice-président du Parlement européen. La motivation revient.

En 2006, il soutient naturellement son ami Dominique Strauss-Kahn lors de la campagne interne de désignation du candidat pour la présidentielle. Entre ses deux maîtres, il a choisi. " Lionel Jospin attendait que je le soutienne, mais je pensais que Strauss-Kahn était mieux à même de répondre aux attentes de la société, ça a marqué une distance entre nous. Maintenant, on se voit moins ." Et puis Dominique Strauss-Kahn a perdu la primaire socialiste et le PS a perdu la présidentielle. Même s'il avoue que "c'est difficile d'avoir été ministre à 39 ans et de se retrouver dix ans plus tard à tenter de reconstruire son parti", Pierre Moscovici semble prêt à relever le défi. Et cette fois, il compte bien n'être le lieutenant de personne.


Source Le Point
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