L'exemplarité locale
L’engagement politique trouve ou retrouve tout son sens lorsqu’il s’agit de préparer les élections municipales. La décentralisation comme la réforme de l’Etat n’ont pas amoindri le rôle, la responsabilité du maire mais ont changé la nature de sa fonction. Comptable des deniers de sa commune mais aussi comptable des deniers des intercommunalités l’élu a une tache de plus en plus complexe, les citoyens ayant peu le loisir de mesurer les enjeux de chaque décision. C’est d’autant plus vrai que l’élu est de plus en plus isolé face au citoyen attentif au maintien et vau développement de la qualité des services publics.
L’Etat s’est désengagé sans permettre un transfert de ressources et de plus en plus l’impôt local augmente non pas pour accompagner des politiques nouvelles mais pour compenser des carences. Prenons un exemple simple : s’il n’y a plus d’école le samedi matin, le ministre annonce que les élèves seront accueillis...par les communes.
Le quotidien du Maire sera de plus plus celui de la gestion de l’espace public laïc de la République. Il ou elle sera, avec son équipe, le pilier le l’organisation territoriale de la République, C’est l’enjeu de la réforme des institutions qui devraient se penser comme nous l’avions dit en 2006 à la Rochelle « du Président de la République au Maire ».
A nous ensuite de batailler bien sur pour que l’Etat joue son rôle mais à nous aussi de batailler localement pour que nos engagements intercommunaux rendent nos territoires plus efficaces. A nous d’équilibrer ce que l4eat gouverné par la droite veut construire : des services déterminés seulement en fonctions dues règles du marché et non de l’intérêt des citoyens et des territoires performants.
Créer des déserts, arracher les services à la population, c’est perdre un facteur de croissance tout en étouffant les villes qui ne peuvent plus faire face à leur fonction s.
A nous de convaincre qu’à gauche la réalité de la performance est effectivement le souci premier parce que nous recherchons la performance sociale, la performance solidaire, la performance économique simultanément. Nous savons que l’accès à la culture est aussi important que l’accès aux technologies et que la capacité de chaque habitant à participer au développement de son territoire n’est réelle que si les services indispensables à son émancipation lui ont ^permis de valoriser son potentiel.
Nous rejetons ce gâchis humain que serait l’abandon des communes dites rurales parce que c’est solidairement inacceptable et parce que c’est un gâchis de croissance.
Les prochaines échéances électorales seront pour les socialistes l’occasion d’incarner le renouveau, une nouvelle étape dans notre reconstruction collective. Afin de réussir cette échéance, nous avons à mener un travail de réflexion sur les enjeux dans nos territoires, proposer des projets capables de créer des dynamiques de développement solidaire.
Tous, nous savons que nous ne pouvons plus compter sur un Etat régulateur et correcteur des inégalités. Nous ne pouvons compter, pour le moment, que sur nos seules forces de résistance locales.
Le gouvernement accentue les effets négatifs des forces du marché sur le territoire national. Il légitime et accélère ce que l’aménagement du territoire avait jusqu’ici vocation à combattre : la création d’îlots surpeuplés, concentrant les emplois qualifiés et la création de richesses au milieu « d’océans inertes », dépendant pour survivre soit de l’économie résidentielle, soit de revenus de transfert.
Il n’y a pas de fatalité à cela. Le repli sur nos communes n’est pas la solution, car les enjeux sont devenus supra communaux. Les coûts financiers, les embuches juridiques, la concurrence territoriale sont autant d’obstacles qu’il nous faudra surmonter.
Insistons pour développer l’intercommunalité synonyme de solidarité, de mutualisation. La complémentarité plutôt que la concurrence, l’intérêt général plutôt que la somme des égoïsmes locaux, voilà les valeurs que nous devrons présenter à nos concitoyens. L’exemplarité locale comme annonce de la reconstruction nationale, voilà ce que nous avons à incarner ensemble.
par Marylise LEBRANCHU
Députée du Finistère