Bloc-notes de la rénovation n° 2

Publié le par SD32

plume-note.jpgDe l’éthique en politique

par
Philippe PUGNET

Il y a aujourd’hui, c’est évident, une crise de confiance des citoyens dans la capacité des institutions et des hommes d’incarner leurs préoccupations . Il y a également comme une crise du sens même de la politique, de sa capacité d’agir sur le réel, de sa volonté de modifier l’ordre établi et de jeter enfin les bases d’une société plus juste, plus solidaire.

Face à l’affadissement du débat démocratique, nous devons être conscients que la politique disparaît si elle n’est pas porteuse d’espérance, de rêves et d’utopies ; encore plus vite d’ailleurs, si celles et ceux qui sont sensés l’animer,  rejettent entre eux les règles élémentaires de l’éthique.

Avant de juger de l’importance et de la qualité du discours politique, il importe, pour celui qui s’en prévaut, d’être porteur, avant tout, de valeurs humanistes et du souci constant de l’intérêt général. A l’instar de Platon qui soutenait que " celui qui entend bien conduire la vie de la cité doit posséder la science du Bien s'il veut que règne l'harmonie entre les classes qui la composent " il est toujours regrettable de voir combien, dans un  contexte de crise de valeurs et d’incertitude, les légitimités et les compétences se trouvent souvent contestées.

Dés lors, au nom de quels principes penser ce bien commun, les solidarités indispensables au vivre ensemble. Au nom de quelles valeurs  affirmer cette exigence d’une société s'appuyant sur la défense des droits et des devoirs de l'homme. Il n’est sans doute pas donné à tout le monde de mettre son intelligence au service de convictions sincères et désintéressées, encore moins d’esquisser un projet de démocratie nouvelle fondée sur une éthique de responsabilité.

Comment ne pas rappeler d’ailleurs, combien l’éthique est devenue indispensable en politique, combien la liberté et la responsabilité individuelles sont indissociables de l’émergence d’une culture du respect.

Comment ne pas rappeler également que ce sont les hommes libres et respectueux les uns des autres qui créent la démocratie.

Comment ne pas souligner enfin que c’est encore eux qui permettent à la démocratie de fonctionner convenablement dans la durée, pour autant que les appareils de parti ou autres autocrates ne les rejettent du jeu politique et que les électeurs leur fassent confiance.

Il est désolant de voir combien , aujourd’hui, y compris dans nos propres rangs, la conquête du pouvoir s’accompagne toujours de son lot de malveillances gratuites, de positionnements stériles et intolérants, d’irrespect, voir de sentiments haineux. Et ceux qui s’en rendent coupables n’hésitent d’ailleurs pas à brandir, pour se défendre, ces valeurs de la République qu’ils prennent sans cesse à témoin.

L’éthique en politique doit donc reposer intégralement sur cette notion de respect , respect de soi même d’abord, respect d’autrui ensuite.

Et c’est dans ce cadre que se pose de plus en plus la place des femmes en politique, de ce droit , et non de cette tolérance, qu’elles ont, comme le soulignait Jaurès, " de donner une expression politique  aux sentiments et aux pensées que la vie sociale fait naître en elles  ". La parité, certains n’hésitent pas à la défendre avec démagogie, si ce n’est hypocrisie, avant de vite l’oublier lorsque l’intérêt individuel et l’ambition conditionnent leur démarche politique personnelle.

Au moment où nous débattons entre nous de cette rénovation du Parti Socialiste, il m’est apparu important de rappeler combien cette notion de respect mutuel, cette éthique collective qui doivent guider nos pas ne sauraient tolérer que certains ne tentent d’imposer, au nom de la démocratie du nombre, celle des urnes.

Il existe encore des femmes et des hommes de bonne volonté . Il est grand temps qu’ils se réveillent si nous voulons retrouver le chemin de la fraternité et du vivre ensemble.
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