Les démocrates se lancent à la reconquête de la Maison Blanche
Les partis – et la presse – attachent une importance extrême à l'Iowa, qui est le premier scrutin après un an de campagne. Mais, sauf surprise, les principaux candidats resteront en lice au moins jusqu'aux primaires de Caroline du Sud, premier vote dans le Sud, les 19 et 26 janvier. Huit démocrates et sept républicains se disputent l'investiture de leur parti. Du côté démocrate, trois candidats sont pratiquement à égalité selon les sondages : Hillary Clinton, 60 ans, la sénatrice de New York, John Edwards, 54 ans, l'ancien candidat à la vice-présidence en 2004, et Barack Obama, 46 ans, l'unique Africain-Américain du Sénat.
Pour M. Obama, l'Iowa a une importance cruciale. S'il arrive en tête, même de peu, il pense que l'effet d'amplification sera tel qu'il parviendra à convaincre les militants des autres Etats qu'il est en mesure d'arracher la victoire en novembre. Il a basé sa campagne sur le fait qu'il représente le changement et qu'il veut tourner la page sur la politique partisane. Il attire les jeunes et une fraction d'électeurs indépendants, ce qui lui permet de devancer la plupart des républicains dans les sondages.
Comme il le rappelait mardi, le chemin parcouru est énorme. "Après dix mois de campagne, il semble que le pari pourrait réussir." Il y a trois ans, il finissait juste de payer les dettes contractées pour financer ses études. D'ores et déjà, il a fait la démonstration qu'il pouvait convaincre dans un Etat à 97% "blanc", un "Etat de monoculture", comme le dit le Washington Post : "maïs, soja et évangéliques".Pour John Edwards, l'Iowa est tout aussi important. Il a basé sa campagne sur la défense de la classe ouvrière face aux puissances financières.
Comme Mme Clinton, il est soutenu par nombre de syndicats qui ne croient pas à l'approche consensuelle de Barack Obama. Pour l'ancienne First Lady, qui a un soutien important dans l'appareil du parti, l'enjeu est moindre mais important en termes d'image, surtout si elle arrive troisième. Elle conserve une très large avance en Californie et à New York.
Du côté républicain, le pasteur baptiste Mike Huckabee tente, comme M. Obama, d'attirer les ménages aux revenus modestes et les électeurs lassés de la politique partisane. Il essaie de détrôner l'ex-gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, qui a le soutien de la faction "probusiness" du parti et qui peut se permettre d'essuyer une défaite dans l'Iowa.