Hillary Clinton revient dans la course à l'investiture démocrate

Publié le par SD32

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"Vivre libre ou mourir" : telle est, depuis la révolution américaine, la devise du New Hampshire, où s'est déroulée, mardi 8 janvier, la seconde primaire menant à la désignation des candidats à l'élection présidentielle du 4 novembre. Avant le scrutin, elle aurait pu servir – politiquement, s'entend – à deux candidats : la démocrate Hillary Clinton et le républicain Mitt Romney.

Tous deux paraissaient en perte de vitesse accélérée. Ni l'une ni l'autre n'est "mort". Mieux : si l'ex-gouverneur du Massachusetts a évité la débâcle sans empêcher une victoire de son adversaire, John McCain, la sénatrice de New York, défiant les ultimes pronostics, l'a emporté sur son concurrent Barack Obama, bouleversant la tendance qui semblait ouvrir à ce dernier une "voie royale" après son succès, le 3 février, lors de la primaire dans l'Iowa.

Le matin du scrutin (le New Hampshire autorise la publication de sondages le jour du vote), M. Obama semblait avoir creusé un "trou" irrattrapable. L'agence Reuters et la chaîne C-SPAN donnaient une avance de 13 points au sénateur de l'Illinois (42 % contre 29 % à Mme Clinton).

Le scrutin a surpris tous les analystes et, pour leur grand bonheur, les partisans de Mme Clinton, dont l'inquiétude était palpable partout dans le New Hampshire. Celle-ci l'a finalement emporté, avec 39 % des suffrages contre 37 % à son adversaire.

Ce résultat pourrait modifier considérablement la suite du processus des primaires démocrates. Depuis son succès dans l'Iowa, M. Obama, avec son credo Change – le changement –, semblait placé sur une orbite victorieuse quasi inéluctable. Jeune, prônant une "nouvelle majorité" capable d'"insuffler la confiance" qui avait déserté les Américains, il paraissait avoir mieux "senti" les évolutions profondes et le désarroi de l'opinion américaine, et être en passe de "ringardiser"  Mme Clinton, politicienne classique qualifiée mais sans "vision".hillary-NH-2.jpg

Mais la stratégie de M. Obama s'est en partie fracassée dans le New Hampshire. Il a parié sur les jeunes générations et les "indépendants", moteurs du "changement". Mme Clinton, tout en reprenant par petites touches des éléments de la stratégie d'Obama, avait misé sur la mobilisation de la base classique du parti : les cols bleus et les classes moyennes appauvries, anxieuses devant la dégradation de leur situation socio-économique. Dans un petit Etat où la population, blanche à 94 % (contre une moyenne de 67 % aux Etats-Unis), est essentiellement composée d'ouvriers et de salariés des services, sa stratégie a été payante.

Deuxième conséquence notoire : la course s'éclaircit du côté démocrate. A eux deux, les deux leaders rassemblent près des trois quarts des suffrages. John Edwards (17 %) "est hors course", commentait mardi soir l'analyste de la chaîne locale NH, Edward Rothenberg. Selon nombre de commentateurs, l'heure approche, pour lui, d'envisager un ralliement.

...Les scrutins à venir en Caroline du Sud et en Floride devraient prolonger le processus d'élimination. Mais il apparaît de plus en plus que le "Super-Tuesday" du 5 février, où se dérouleront 22 primaires, dont certaines dans des Etats peuplés qui envoient un nombre considérable de délégués aux conventions des deux partis (New York, la Californie ou le Massachusetts) et plusieurs dans des Etats du Sud importants (Arizona, Géorgie, Tennessee, etc.), devrait constituer le juge de paix qui désignera le vainqueur. A moins qu'il ne faille attendre le 4 mars (Ohio, Texas…) pour connaître l'issue d'un processus qui s'avère, dans les deux camps, plus indécis qu'on pouvait le supposer au départ.

Source AFP Le Monde
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Publié dans Primaires démocrates

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