Une bien mauvaise idée !
C’est avec surprise que j’avais pris connaissance, au courant du mois de décembre, de l’annonce de Xavier Darcos, Ministre de l'éducation nationale, de la mise en place d’un service minimum d'accueil des enfants des écoles primaires durant les périodes de grève des enseignants.
Service minimum qui serait organisé et financé par les communes. C'est désormais avec inquiétude que j'ai appris que le Ministre aurait demandé aux recteurs de préparer des conventions types avec les communes.
Surprise parce que cette annonce est intervenue quelques jours après une entrevue entre le Ministre et une délégation d’élus des Grandes Villes de France que je conduisais, entrevue durant laquelle ce sujet n'a absolument pas été évoqué.
Inquiétude parce que cette décision, prise dans l’opacité, envisage un montage financier qui consisterait à utiliser les retenues opérées sur le salaire des grévistes pour financer cet accueil minimum. Les communes seraient ainsi, à leurs corps défendant, sommées de suppléer l’Etat et de prendre part dans un conflit qui ne les concernerait qu’indirectement.
Sans méconnaître les difficultés d’accueil des enfants que peuvent rencontrer les parents en cas de grève, il me parait impossible pour une commune ‘’d’improviser’’ un accueil de jeunes enfants et je n’imagine pas que les parents acceptent de laisser leurs enfants une journée sans connaître les personnels chargés de l’accueil ni les occupations qui seraient proposées à leurs enfants dans la journée.
Quelles seraient en effet les conditions de recrutement, de mobilisation ou de formation des personnels qui seraient chargés de cet accueil ? Quelles seraient leurs missions ? Quelles seraient les programmes et les contenus pédagogiques de telles journées d’accueil ?
A trop privilégier les annonces médiatiques, le Gouvernement risque, une nouvelle fois, de créer plus de difficultés qu’il n’en résout. En tout état de cause, il est pour moi hors de question d'envisager que la Ville de Grenoble puisse s'engager dans une telle direction !
Député-maire de Grenoble
Socialisme & Démocratie 32 est attachée au droit constitutionnel de grève et dénonce cette volonté du Ministre de l'Education Nationale d' instaurer ( d'imposer ) un service minimum par les communes en cas de grève des enseignants. Au delà de la gêne occasionnée aux familles ( et à leurs enfants) , au delà des difficultés qu'entraînerait la mise en oeuvre de ce service minimum dans les écoles, comme le souligne ci-dessus Michel Destot, ne perdont pas de vue que c'est de la qualitié du service public dont il s'agit.Plutôt que de vouloir " imposer " même à titre expérimental ce service minimum, dès le 24 janvier, jour de grève nationale de la Fonction publique, Xavier Darcos ferait mieux de pourvoir aux remplacements non assurés tout au long de l'année, de suspendre toutes fermetures de postes et de rétablir la sectorisation, seule garante de l'égalité et de la mixité sociale, dans l'Ecole de la République.
Socialisme & Démocratie 32 demande aux maires socialistes et républicains de notre département de ne pas s'engager dans la voie de ce service minimum.