Débat sur la fin de vie : regarder la réalité en face !

Publié le par SD32

Chantal SEBIRE a rouvert un débat que l'on savait devoir reprendre. La loi dite Leonetti, adoptée en 2005 à la suite de « l'affaire » Humbert, a marqué des avancées significatives, mais elle n'est pas suffisante. Elle doit maintenant être évaluée, comme l'avait suggéré le groupe socialiste dès 2006. Mais un premier constat s’impose : cette loi ne permet pas de répondre aux situations comme celle de Chantal Sébire, et l’enjeu est bien de déterminer si l’on accepte de légaliser, dans certains cas, l’euthanasie active. Ce que l’on appelle « l’exception d’euthanasie ».

Le gouvernement semble fermé à l’idée d'une nouvelle réglementation. Si les socialistes devaient proposer un texte de loi, il serait sans doute rejeté. C’est pourtant un sujet qui appelle le rassemblement ! Le groupe PS a formé un groupe de travail, dont je suis membre, pour définir les solutions envisageables.


Car nous ne pouvons continuer à ignorer le problème ! Ce serait un leurre. Des centaines de personnes vont à l'étranger chaque année pour mourir, dans les pays qui autorisent l’euthanasie active. Je considère que le droit à une mort digne doit être inscrit dans la loi. Avec des conditions, des garde-fous, évidemment, pour éviter les dérives. Mais ce que d’autres pays européens réussissent à garantir, pourquoi la France n’y parviendrait-elle pas ?

A trop vouloir opposer le droit à la vie à ceux qui réclament la fin de leurs souffrances ou de ce qu’ils considèrent comme une déchéance, on ferme les yeux sur une réalité qui nous dérange, mais qui est bel et bien là ! C’était le sens de ma réponse à l’association le Droit de mourir dans la dignité, avant l’affaire Sébire .

C’est le sens de mon engagement au sein du groupe de travail PS à l’Assemblée. C'est au prix de cette réflexion de fond que nous parviendrons à une solution juste et digne.

Marisol TOURAINE
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