Le FMI pessimiste pour la croissance américaine en 2008 et 2009

Publié le par SD32

Le Fonds monétaire international (FMI) va "réviser à la baisse" ses estimations de croissance publiées en janvier pour les Etats-Unis et ce en raison de la crise financière, explique son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, dans un entretien diffusé mercredi par le site Internet du Figaro. Il évoque aussi un sauvetage "national" des banques touchées par la crise, afin de "débloquer un système aujourd'hui totalement gelé".

"Les prévisions que nous allons publier dans quelques jours ne sont pas très bonnes", dit Dominique Strauss-Kahn à propos des Etats-Unis. Estimant que "pour le moment, la consommation se tient à peu près", il juge que "si la crise venait à atteindre le crédit à la consommation, les conséquences sur l'activité seraient considérables".

En janvier, le FMI tablait sur une hausse du PIB américain de 1,5 % en 2008, et de 4,1 % du PIB mondial. Mardi, une source du gouvernement allemand avait indiqué que la prévision de croissance du FMI pour les Etats-Unis avait été revue à la baisse à 0,5 %. Selon un document obtenu mercredi par l'agence Dow Jones Newswires, le FMI a abaissé ses prévisions de croissance économique mondiale pour 2008, citant ''la crise financière la plus importante aux Etats-Unis depuis la Grande Dépression''.

Selon le Financial Times Deutschland mercredi, le Fonds a aussi abaissé sa prévision de croissance de l'économie mondiale cette année à 3,7 %. Dans son édition de jeudi, le quotidien Les Echos cite les mêmes chiffres que le FMI, limitant la croissance à 1,3 % pour la zone euro. Toujours selon le FMI, celle des Etats-Unis serait de 0,6 % en 2009. Mercredi, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Ben Bernanke a pour la première fois clairement évoqué la possibilité d'une récession aux Etats-Unis.

Dominique Strauss-Kahn déclare aussi que les prévisions du FMI "vont incorporer un recul des perspectives de croissance des pays émergents". "Notamment pour la Chine et l'Inde, dont les taux de croissance restent très élevés, mais qui seront néanmoins affectés par la crise."

"Dans la zone euro, la situation n'est pas aussi tendue qu'aux Etats-Unis. Mais la transmission de la crise financière au secteur réel commence à être sensible", ajoute-t-il. "Je ne crois pas à la thèse du découplage. Personne n'est immunisé. Je parle plutôt de décalage dans le temps", dit-il.

Interrogé sur un "sauvetage national des banques ou des emprunteurs aux Etats-Unis", il déclare : "On y réfléchit ici au FMI comme ailleurs." Pour Dominique Strauss-Kahn, "il n'y a pas de raison d'exonérer les actionnaires des banques. Il faut que ceux qui sont à l'origine de la crise en supportent une part du coût".

Mais "il y a un moment où les risques pour l'ensemble de l'économie sont tels qu'il faut prendre des mesures", affirme-t-il. Il souligne qu'il y "a des précédents", évoque le "sauvetage du Crédit lyonnais" en France, où l'on "avait séparé les bons actifs bancaires des mauvais". Pour autant, il estime qu'appliquer cette méthode "à l'échelle d'un pays est beaucoup plus difficile". "Et l'appliquer à l'ensemble de la planète serait encore plus compliqué."

A propos des monnaies, Dominique Strauss-Kahn rappelle que le "système est globalement très déséquilibré". Dans la situation économique actuelle, "des monnaies sont clairement sous-évaluées : le yen, le yuan par exemple". "D'autres sont sur le côté fort comme l'euro. D'autres sont en gros au niveau d'équilibre, comme le dollar."

"Mais le système est globalement très déséquilibré," ajoute-t-il. "Pour corriger ces déséquilibres, le besoin de consultations multilatérales est grand. Les réunions de printemps du FMI dans quelques jours a Washington y seront en partie consacrées."


Source LEMONDE.FR avec AFP, Reuters
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