Martine Aubry lance son "collectif" à l'assaut du PS

Publié le par SD32

Martine Aubry s'est lancée cet après-midi, à Paris à la conquête du Parti socialiste en fustigeant "le libéralisme" et revendiquant un ancrage "clairement à gauche" qu'elle défendra en conduisant une motion pour le congrès de Reims à la mi-novembre.

Interrogée par la presse après une réunion avec ses partisans , sur sa candidature à la succession de François Hollande, Martine Aubry a confirmé qu'elle serait "la première signataire" d'une motion.

"Et si les militants nous font confiance, nous nous poserons collectivement la question de savoir qui peut être le candidat à la tête du Parti socialiste. Je prendrai toutes mes responsabilités, mais nous n'en sommes pas là", a-t-elle affirmé.

"C'est d'abord aux militants de débattre, de discuter et, je l'espère, dans le même climat de fraternité qu'aujourd'hui", a ajouté l'ancien ministre.

Martine Aubry a souligné n'avoir qu'"une seule idée en tête: " construire un projet qui réponde aux problèmes actuels des Français et apporter une autre espérance".

Pour tenter de former une nouvelle majorité au sein du PS, la maire de Lille prend la tête d'un mouvement rassemblant des anciens partisans de Dominique Strauss-Kahn et des proches de Laurent Fabius et d'Arnaud Montebourg.

Mais "tous ceux qui portent les valeurs de la gauche et qui ne veulent pas les mettre au placard, tous ceux-là sont les bienvenus", a-t-elle déclaré à l'issue d'une réunion de deux heures à La Bellevilloise. C'est dans cette salle de spectacle parisienne prisée par la gauche, de Jean Jaurès à François Mitterrand, que Ségolène Royal avait annoncé en mai qu'elle briguait la tête du PS.

L'appel de Martine Aubry s'adresse en priorité à Pierre Moscovici, candidat au poste de premier secrétaire depuis un an, isolé sur la scène interne depuis que la quasi-totalité du courant strauss-kahnien s'est rangé derrière elle. Elle a assuré que le député du Doubs avait "une place centrale" à jouer dans la motion, le programme électoral interne, qu'elle défendra lors du congrès de Reims, en novembre. "Il nous reste quelques jours" pour opérer un rapprochement, a expliqué l'ex-ministre "symbole" des années Jospin et des 35 heures.

Dans son discours, elle a dénoncé avec fermeté le "marché sans règles" et critiqué "le libéralisme financier qui a envahi toute l'économie et même la société". Sur ce point, "il ne doit pas avoir de confusion", a-t-elle ajouté, se démarquant ainsi de Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, qui s'est dit "socialiste et libéral".

L'ancienne ministre a également fustigé un "Nicolas Sarkozy qui applique avec archaïsme strictement le modèle libéral classique".

"
Nous sommes d'abord des socialistes fiers de nos valeurs pour changer la France et changer le monde", a aussi affirmé celle qui a "mal vécu ces dernières années, comme beaucoup de militants" pour avoir "eu l'impression qu'on avait honte de ce qu'on était".

"Malgré mes 58 ans, je reste avec une volonté chevillée au corps de porter les valeurs socialistes", a conclu celle qui ambitionne de retrouver une "gauche joyeuse".

Si Laurent Fabius n'avait pas pu faire le déplacement , plusieurs de ses proches étaient dans la salle , dont Claude Bartolone, de même que Jean-Christophe Cambadélis, bras droit de Dominique Strauss-Kahh . En leur présence Martine Aubry a redit le besoin des socialistes de "retrouver un collectif qui se serre les coudes".

" Je n'ai jamais pensé que certains camarades étaient anti-européens", a –t-elle souligné déclenchant les applaudissements de la salle. "Une Europe qui protège, je ne connais pas un seul socialiste qui ne partage pas cela."

"Vous vous demandez: 'Qu'est-ce qu'un type comme moi fait avec les Fabiusiens?'", a lancé Jean-Paul Huchon, proche de "DSK", déclenchant l'hilarité dans la salle. "J'ai des brevets, des garanties: je les ai combattus toute ma vie! Ce sont des gens aussi exigeants que moi sur les valeurs européennes", a poursuivi le président du conseil régional d'Ile-de-France. "La nouveauté de notre rassemblement c'est de nous retrouver et que Martine Aubry nous serve de trait d'union."

Proche de Laurent Fabius, Guillaume Bachelay a asséné: "Nous ne voulons pas du sarkozysme de gauche, nous voulons une opposition de gauche à Sarkozy".

"Je compte sur toi pour rendre coup pour coup" au président, a lancé un militant à Martine Aubry.

A l'issue des deux heures de débat, Martine Aubry ne cachait pas sa joie et son émotion. "C'est un beau jour!", a-t-elle dit.

Source AFP
Un beau jour partagé également par Socialisme & Démocratie 32
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Publié dans Parti Socialiste

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