Martine Aubry, il faut "rassembler", pas seulement arriver en tête
Martine Aubry a affirmé ce dimanche qu'à l'issue du vote des militants jeudi, il ne fallait "pas seulement arriver en tête" mais "être capable de rassembler sur une ligne politique"."Il ne faut pas seulement arriver en tête, il faut être capable de rassembler sur une ligne politique, il ne suffit pas d'être devant", a déclaré Martine Aubry, appelée au Grand jury RTL-LCI-Le Figaro à réagir aux propos, le même jour, de François Hollande. Pour ce dernier, "le vainqueur du congrès de Reims sera la motion qui sera arrivée en tête" et d'où devra sortir, selon lui, le nom du premier secrétaire.
"Tout le monde a déjà compris que le vrai problème, c'est la ligne politique qui va être choisie par les militants", a ajouté la maire de Lille. Elle a estimé que la ligne politique de sa motion était "centrale, c'est une ligne de gauche". Elle s'est refusée à dire avec quelle motion elle souhaitait trouver un accord pour le gouvernement du parti. "Vous ne me ferez pas mettre les alliances avant la ligne politique", a-t-elle dit.
Poussée par ses interviewers à annoncer officiellement sa candidature à la succession de François Hollande, l'ancienne ministre s'y est refusée, répétant: "J'ai toujours dit que je prendrai mes responsabilités". "Quand on parle du premier de liste, on ne parle plus que de lui (...) Si une personnalité gagne et qu'on n'est pas rassemblé, on se plantera. S'il y a un chef qui dit +c'est moi qui décide tout+, on se plantera aussi. C'est une conception de la politique", a-t-elle fait valoir.
Alors que le premier secrétaire a appelé les adhérents à se prononcer d'abord en fonction du respect du vote des militants, ces dernières années, par les principaux animateurs des motions, Mme Aubry a rétorqué: "Appelons un chat, un chat. Que me reproche François Hollande? Que j'ai pu travailler avec Laurent Fabius et ses amis, qui ont voté non au référendum sur l'Europe". Or, a-t-elle argumenté, la motion de M. Hollande et celle de M. Fabius au congrès du Mans (2005) étaient partie prenante de la synthèse finale, six mois après la victoire du non au référendum, en dépit de la campagne pour le oui du PS.
"Pourquoi ce qui était possible hier, trois mois après (le référendum), ne l'est plus trois ans après ? ", a-t-elle demandé. Selon Martine Aubry, "si nous continuons à jouer ce petit jeu-là, des gens qui n'ont pas respecté le parti, il y en a dans chaque motion". "C'est justement ce qu'on ne veut plus voir" et pour cela "il faut qu'il y ait un débat dans le parti, il faut un patron, quelqu'un qui n'ait pas changé de ligne, qui soit crédible, capable de faire travailler ensemble des gens différents".
"Le moment du congrès, c'est le rassemblement, c'est pas d'exclure", a-t-elle ajouté.
D'après source AFP