Pour un nouvel Epinay !

Publié le par SD32

Au fur et à mesure que notre congrès de Reims arrive, la tension monte, certains esprits s’échauffent, des anathèmes, des mises en garde et autres gentillesses d’usage sont distillés…Bref le décor est planté.

Qui pouvait penser ( hormis un certain temps Bertrand Delanoë ) que des quatre principales motions présentées au vote des militants l’une d’entre elles assurerait seule au soir du 6 novembre, une majorité en dépassant les 50 % ?

Et d’ailleurs quel militant a parfaitement intégré la nature même de ce vote sur des textes ( et non des personnes) servant à renouveler, pour 3 ans et à la proportionnelle, les instances du Parti : conseil national d’une part, conseil fédéral, d’autre part, dans chaque département.

Aujourd’hui les résultats sont connus : 29,1 % pour la motion E conduite par Gérard Collomb et Ségolène Royal – 24,9 % pour la motion A conduite par Bertrand Delanoë – 24,4 % pour la motion D conduite par Martine Aubry – 18,6 % pour la motion C conduite par Benoît Hamon – puis 1,5 % pour chacune des 2 dernières motions Pôle écologique et Utopia .

Ce résultat là est acquis et définitif, une fois qu’il aura été validé par le congrès. Il l’est aussi au sein du Conseil national tout comme d’ailleurs dans chaque fédération où des majorités se font et se défont au gré des humeurs, des contingences locales ou d’autres considérations.

Mais nos statuts sont ainsi faits que l’on élit d’une part le Conseil national à la proportionnelle et d’autre part le 1er secrétaire au scrutin majoritaire direct. "C’est un peu des législatives à la proportionnelle avant les présidentielles " comme le soulignait, il y a peu, Jean Christophe Cambadélis.

Et c’est là que les difficultés commencent surtout lorsqu’une motion, en l’occurrence la motion E arrivée en tête, se prévaut d’être celle du rassemblement... sur sa ligne. Qu’elle souhaite rassembler, nul ne peut l’en blâmer mais que 29 % des militants qui la soutiennent tentent d’en imposer aux 71 % qui se sont exprimés différemment, il y a là une volonté manifeste de diviser un peu plus un parti aujourd’hui totalement à la dérive, pour le plus grand plaisir de la droite.

Ségolène Royal pourrait se porter candidate au poste de 1er secrétaire : qui peut le lui interdire…personne. Mais qu’on nous demande d’avaliser cette candidature au nom du respect du vote des militants, c’est aller un peu vite en besogne.

Près de 43 % de militants se sont prononcés pour une ligne politique clairement à gauche en votant motion C et motion D : il y a là les bases d’un rassemblement fondateur d’un nouveau parti socialiste garant d’une alternative crédible à gauche en rejetant toute alliance avec le Modem ainsi que toute présidentialisation du parti.

Notre Parti Socialiste doit rester un parti de militants et non pas devenir un parti de supporters.

Notre Parti Socialiste a besoin désormais de stabilité  afin d’élaborer une opposition de projet, pas de rejet. Et cette stabilité doit se construire sur le plus grand dénominateur commun, au delà des 43 % évoqués plus haut. Il appartient désormais aux camarades des motions C et D de se rassembler , puis à ceux de la motion A de prendre leurs responsabilités et de les rejoindre.

Ce n’est pas de la "tambouille politique" mais une clarification nécessaire pour jeter les bases d’un nouvel Epinay fondateur. C’est à cela que doit servir notre congrès de Reims, afin que la ville "aux mille sourires" ne devienne pas celle des "milles tourments " pour notre parti.

Philippe PUGNET
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Publié dans Parti Socialiste

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