Jean Christophe Cambadélis : " nous avons vécu la fin du Parti d'Epinay "
Le Conseil National du Parti Socialiste va se réunir, et clore, la dernière phase du processus ouverte par la préparation du congrès du PS. Il s’agira tout à la fois du discours d’investiture de Martine Aubry, d’adopter le contrat de gouvernance du PS qui résumera la philosophie de celui-ci pour les années à venir et d’élire le Secrétariat National du Parti, le Bureau National.Nul doute que la constitution même, du Bureau National et du Secrétariat marquera une rupture. Une génération a passé la main, et les nouveaux venus seront les acteurs du nouveau cycle. Cette nouvelle donne de la direction matérialise en partie, le vote des militants qui ont voulu un renouveau à gauche.
Dans la fin du « Marché Providence », nous avons vécu la fin du Parti d’Epinay. La stratégie de la continuité fut battue en brèche. Il restait en lice, outre une proposition de refondation radicalement à gauche, deux conceptions de la rénovation. Celle de Martine Aubry l’a emportée.
Ce congrès libérait ressentiments, illusions et frustrations enfouis dans un parti sans repère ni boussole depuis le tournant de la rigueur de 1983, si on excepte le pragmatisme vertébré de Lionel Jospin au pouvoir de 1997 à 2002.
Trois grands débats ont tenaillé le PS pendant ce congrès.
> La nature du PS : parti ou mouvement.
> Sa stratégie : Union des gauches ou union avec le centre.
> Sans fondement idéologique: moins visible entre le réinvestissement réformiste autour de « l’Etat social prévoyant » et une mutation pré-marxiste ou post-idéologique conduite avec détermination par Vincent Peillon.
La cohérence de l’ensemble était sous tendue chez Ségolène Royal par la présidentialisation du PS nécessaire après trois échecs. Le PS n’a pas choisi cette voie. Evidemment, cela chagrine le « modemiste » Jean-François Kahn qui aurait tant aimé, avec d’autres, la dissolution du PS.
Après quelques mois un peu confus et obscurs, s’ouvre le moment de la « renaissance » autour de 4 piliers : Inventer un nouveau modèle de développement économique, social et écologique. Donner un nouveau sens à la société, solidarité, responsabilités, libertés publiques. Donner une nouvelle direction à l’Europe. Et un renouveau au PS.
Il y a beaucoup à faire car la France va être tenaillée par la montée du chômage. La tentation sera grande de chevaucher, sans réfléchir aux débouchés, les tensions sociales. Il faudra aussi rétablir la confiance dans une direction échaudée par un conflit qui, contrairement à celui de Rennes, avait un profond soubassement stratégique.
Mais au-delà, c’est l’alternative à la droite qu’il faut construire : une alternative globale et réaliste.Après le Front Populaire, l’union de la gauche et la gauche plurielle, c’est un quatrième Front Populaire qu’il nous faut construire, l’union alternative.
Martine Aubry et notre équipe sommes confrontés à ce défi historique… la crise économique, le défi démocratique, l’aspiration au changement poussé par une nouvelle donne dans l’empire américain, tout milite pour la réussite. Il faudra être utile aux français, nécessaire à la France, indispensable à l’Europe, pour une renaissance à gauche au travers un nouveau PS.
Alors comme dirait notre Premier Secrétaire du PS, Martine Aubry: Au travail !
Jean Christophe Cambadélis