Barack Obama brandit le spectre d’une crise durable

Publié le par SD32

Le plan de relance américain soutenu par Barack Obama a franchi lundi une étape décisive au Sénat, où il devrait finalement être adopté mardi. Restera à réconcilier cette version avec celle, différente, déjà votée par la Chambre des représentants. Barack Obama a rappelé lundi l’urgence de voir ce plan adopté, brandissant le spectre d’un marasme économique durable.

Le gigantesque plan de relance économique américain, soutenu par le président Barack Obama, a franchi lundi une étape décisive au Sénat qui a voté la clôture des débats par 61 voix contre 36, avant une éventuelle adoption mardi.

Les démocrates du Sénat, qui contrôlent 58 sièges sur 100, avaient besoin des voix d’au moins deux républicains pour atteindre les 60 voix nécessaires afin de boucler les débats. Cette victoire de procédure des démocrates ouvre la voie à son adoption mardi par la chambre haute.

Réconcilier deux projets

Le plan de relance devrait obtenir les voix de la majorité démocrate et celles de trois sénateurs républicains. Son coût est de 780 milliards de dollars auxquels s’ajouteront deux amendements supplémentaires faisant monter le coût total à quelque 838 milliards, selon les derniers chiffres du bureau du budget du Congrès.

Si le texte est adopté par le Sénat, il devra être réconcilié avec celui déjà adopté par la Chambre des représentants fin janvier, et qui se monte à 819 milliards de dollars. Les deux versions diffèrent sensiblement et les querelles auxquelles elles ont donné lieu dans chaque chambre entre les amis démocrates de Barack Obama et ses adversaires républicains promettent une tâche ardue. Or Barack Obama veut avoir le texte sur son bureau avant le 16 février.

Le président américain a prédit lundi une «catastrophe» si le Congrès ne lui transmettait pas, dès «cette semaine», un plan de relance pour promulgation. Barack Obama a brandi le spectre d’une décennie sans croissance («lost decade»)comme l’a connue le Japon dans les années 90.


Campagne à l’ancienne

Trois semaines après avoir prêté serment, Barack Obama a renoué avec les pratiques de la campagne et pris à témoins de l’urgence de la situation les habitants d’une petite localité manufacturière de l’Indiana durement touchée par la récession. Dans la soirée, il a largement consacré sa première conférence de président au plan.

«Les atermoiements sans fin ou la paralysie à Washington devant cette crise ne feront que causer une catastrophe plus grande», a-t-il dit plus tôt lors d’une réunion publique à Elkhart, une localité d’environ 50’000 personnes où le chômage est passé de 4,7% l’an dernier à plus de 15% aujourd’hui selon la Maison Blanche.

A Washington comme à Elkhart, Barack Obama a rappelé la perte de 3,6 millions d’emplois aux Etats-Unis depuis le début de la crise et s’est livré à une nouvelle défense vigoureuse du plan censé sauver ou créer trois à quatre millions d’emplois en deux ans. «Ne rien faire n’est pas un option, de mon point de vue», a-t-il lancé.

Plan détaillé mardi

Barack Obama a souligné que ce plan n’était que l’une des initiatives face à la crise. Son secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, doit dévoiler mardi des mesures pour faire à nouveau circuler le crédit vers les entreprises et les particuliers et relancer l’investissement et la consommation.

Barack Obama a promis de travailler avec les banques en difficultés pour «nettoyer les comptes» et débloquer le flux du crédit et a aussi laissé entendre l’annonce prochaine de mesures pour l’immobilier, d’où la crise est partie.

 

Source Le Temps


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Publié dans International

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