SPECIAL G 20 : le G20, belle affaire pour le FMI?
Le compte à rebours final du sommet du G20 de Londres a débuté, et la confusion règne toujours sur la teneur de la déclaration commune espérée. Les membres du G20 pourraient se prononcer sur deux séries de mesures: relance et régulation. La réunion pourrait être l'occasion d'un déplacement du curseur économique vers les pays émergents les plus dynamiques, notamment via le FMI...
En effet, pour la première fois depuis longtemps le Fonds semble avoir une vraie carte à jouer alors qu'une crise économique profonde sévit. Le directeur général de l'organisation, Dominique Strauss-Kahn, a multiplié les interventions depuis plusieurs mois, pour appeler à donner davantage de poids au Fonds. Dans sa dernière sortie, vendredi dernier, il a exhorté les leaders du G20 à faire front en lui soumettant plusieurs pistes, dont certaines figurent effectivement dans le document préliminaire que la presse a récupéré.
L'aide aux pays émergents
Dominique Strauss-Kahn a également mis l'accent sur la nécessité de voler au secours de certaines économies émergentes. Pas la Chine ou le Brésil, qui semblent à même de s'en sortir seules, mais plutôt des nations plus modestes. "Même si la crise n'a pas démarré dans les marchés émergents, l'effondrement de la finance et l'assèchement des sources de financement frappe de nombreux marchés émergents. Le FMI a besoin de ressources suffisantes pour soutenir les marchés émergents, sans quoi leur effondrement aurait un impact dévastateur sur les économies développées, renforçant encore la crise", a expliqué le directeur général de l'organisation, qui a également appelé à un renforcement des aides envers les pays les plus pauvres, indirectement secoués par la crise et les fluctuations sur les prix des matières premières.
On l'aura compris, au-delà des engagements en matière de réglementation(s), le nerf de la guerre reste l'argent, pour le FMI. "Le FMI espère au moins doubler ses ressources de prêt à plus de 500 milliards de dollars, afin d'être prêt à aider et apporter de la confiance aux économies qui auront accès à ces fonds durant la crise", a expliqué Dominique Strauss-Kahn en rappelant que le Japon s'est engagé sur 100 milliards de dollars supplémentaires, et l'Union Européenne 75 milliards d'euros (soit environ 100 milliards de dollars également). Il semble exister un consensus assez large sur un accroissement des ressources du Fonds jusqu'à 500 milliards de dollars, contre environ 250 milliards actuellement, un consensus d'autant plus aisé à mettre en oeuvre que les engagements du Japon et de l'Union Européenne couvrent déjà les quatre-cinquièmes de la rallonge.
Mais les besoins seraient beaucoup plus importants, ce que le directeur général laisse entendre quand il évoque "au moins" un doublement des ressources, et les pays industrialisés renâclent à mettre davantage la main à la poche. Le FMI pourrait piocher dans son trésor de guerre, c'est-à-dire ses réserves d'or, qui sont les 3èmes mondiales. Le G20 devrait d'ailleurs le lui suggérer dans son communiqué final, car les Etats-Unis, historiquement opposés à une telle stratégie, semblent avoir mis de l'eau dans leur vin sur la question, forcer majeure actuelle oblige.
Mais les besoins seraient beaucoup plus importants, ce que le directeur général laisse entendre quand il évoque "au moins" un doublement des ressources, et les pays industrialisés renâclent à mettre davantage la main à la poche. Le FMI pourrait piocher dans son trésor de guerre, c'est-à-dire ses réserves d'or, qui sont les 3èmes mondiales. Le G20 devrait d'ailleurs le lui suggérer dans son communiqué final, car les Etats-Unis, historiquement opposés à une telle stratégie, semblent avoir mis de l'eau dans leur vin sur la question, forcer majeure actuelle oblige.
Meilleure représentation des BRIC au FMI
Mais le FMI a également besoin d'aller chercher des sources de financement en-dehors de son circuit normal. Et les nouveaux riches, aux poches pleines de liquidités, se trouvent parmi les pays émergents, en particulier la Chine. Pékin pourrait ainsi faire partie des gagnants de ce sommet, comme le pronostiquent certains spécialistes. En échange d'une contribution substantielle au FMI, la Chine pourrait obtenir une meilleure place dans le concert des nations dirigeantes. Le Fonds pourrait ainsi lui donner un rôle décisionnaire nouveau, ainsi qu'à d'autres nations qui frappent depuis longtemps à la porte.
Ce n'est pas un hasard si la Chine, le Brésil, la Russie et l'Inde, que l'on nomme communément les pays "BRIC", ont tenu sommet il y a deux semaines, en publiant une déclaration commune par laquelle ils demandaient une représentation au FMI "reflétant mieux leur poids économique réel". La rumeur veut que les Etats-Unis soient désormais favorables à une mutation en ce sens pour les quatre nations (en incluant leur voisin mexicain). Cela pourrait ouvrir la voie à une profonde mutation du centre de décision de l'organisation, tourné pour l'heure vers les Etats-Unis (son principal bailleur de fonds) et l'Europe.
Ce n'est pas un hasard si la Chine, le Brésil, la Russie et l'Inde, que l'on nomme communément les pays "BRIC", ont tenu sommet il y a deux semaines, en publiant une déclaration commune par laquelle ils demandaient une représentation au FMI "reflétant mieux leur poids économique réel". La rumeur veut que les Etats-Unis soient désormais favorables à une mutation en ce sens pour les quatre nations (en incluant leur voisin mexicain). Cela pourrait ouvrir la voie à une profonde mutation du centre de décision de l'organisation, tourné pour l'heure vers les Etats-Unis (son principal bailleur de fonds) et l'Europe.
D'après source JDD
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