Le PS dénonce un "bouclier électoral" pour l'UMP
Le Parti socialiste a mené une nouvelle charge contre le projet de redécoupage électoral du gouvernement, qu'il accuse de créer un "bouclier électoral" pour protéger l'UMP contre l'opposition de gauche. Le premier secrétaire du PS, Martine Aubry, a estimé que le secrétaire d'Etat aux Collectivités territoriales, Alain Marleix, n'oeuvrait pas pour le bien de la démocratie.| |
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"Ses propositions ressemblent plus à Alain Marleix secrétaire national aux élections de l'UMP qu'à Alain Marleix secrétaire d'Etat de la République. Nous lui demandons de choisir entre ses deux fonctions. Nous aimerions avoir un républicain face à nous qui fasse des propositions acceptables", a déclaré le premier secrétaire du PS.
Lundi, Alain Marleix a déclaré dans les colonnes du Figaro que la gauche ne serait "absolument pas pénalisée" par le redécoupage.
Selon lui, sur les 33 circonscriptions qui devraient être supprimées, 18 sont actuellement détenues par la gauche et 15 par la droite. "Ce redécoupage sera une opération politiquement blanche", assure-t-il.
La gauche conteste ces chiffres. Selon Martine Aubry, 23 circonscriptions de gauche vont être supprimées, dix de droite. De plus, parmi les 33 qui seront créées, neuf seront de gauche et 24 de droite, ce qui conduit, selon elle, à un "solde" en faveur de la droite sera de 28 circonscriptions, au mépris de l'équité démocratique, de la démographie et de la géographie.
"On a l'impression que M. Marleix veut constituer un bouclier électoral pour l'UMP. Avec les propositions actuelles (...), même en ayant 51% des voix aux second tour des législatives la gauche ne peut pas avoir la majorité au Parlement", a-t-elle estimé. Depuis la mi-mars, les dirigeants du PS et Alain Marleix, ou ses collaborateurs se sont rencontrés à sept reprises pour évoquer le redécoupage électoral. La dernière réunion, lundi, a été annulée.
Aucun nouveau rendez-vous n'a été fixé, le PS ne voulant pas faire de contre-propositions tant que ce "déséquilibre manifeste très important" n'est pas corrigé, a fait valoir Martine Aubry. Michel Sapin, député socialiste de l'Indre, demande que "l'alternance puisse jouer". "Le tripatouillage, c'est quoi? C'est protéger des circonscriptions à droite et protéger des circonscriptions à gauche, sauf qu'on en protège un peu plus à droite qu'à gauche", a-t-il dit sur LCI.
Le gouvernement, de son côté, se défend de toute manoeuvre politicienne.