Dans la course européenne, le PS passe au "vote de conviction"

Publié le par SD32

Lors du meeting à Paris, ce soir, les dirigeants du PS ont concentré une partie de leurs attaques contre François Bayrou, citant relativement peu le chef de l'Etat, et se sont attachés à détailler leur "projet alternatif".


"Il faut changer là-bas pour changer ici (...) Il faut voter pour une Europe utile" et faire changer la majorité au Parlement européen, a déclaré Martine Aubry qui a ciblé le président français mais surtout "ses amis du Parti populaire européen" conservateurs.


"Porter haut la justice, c'est ça l'Europe", a martelé le premier secrétaire du PS, qui a promis qu'avec la gauche au pouvoir à Strasbourg "le mot directive ne pourra être que synonyme de progrès".


"Je veux dire à ceux qui doutent, à ceux qui pensent que demain n'ira pas bien, à ceux qui disent à quoi sert de bouger le 7 juin: ce scrutin sera historique (et permettra) de construire une société plus douce", a-t-elle assuré alors que les sondages prédisent une abstention record.


Avant elle, devant 2.000 personnes réunies au Cirque d'hiver, tous les orateurs ont battu le rappel, quitte à abuser d'une sémantique négative à trois semaines du scrutin.


"C'est souvent dans l'épreuve que les socialistes se révèlent. Puisque l'on nous prédit l'indifférence, le défaitisme, le découragement, je vous propose de relever le défi", a plaidé le maire de Paris Bertrand Delanoë. "On nous dit: c'est difficile, c'est mou (...) mais ce n'est pas ça la question. N'ayez pas peur! Il y a un vote de conviction, un vote utile conte la résignation, c'est le vote socialiste", a défendu le président d'Ile-de-France, Jean-Paul Huchon.


Les sondages donnent le PS systématiquement derrière l'UMP, distancé de trois à cinq points. Mais pour les dirigeants du PS, hormis le score record de 2004 où les socialistes avaient frôlé les 29%, le "score médian" du PS aux européennes se situe entre 20 et 22%. "Les commentaires disent que nous serions paniqués, affolés, tétanisés (...) Ce n'est pas le cas", a assuré Jean-Christophe Cambadélis, "animateur" de la campagne nationale.


Benoît Hamon et Pervenche Bérès, députés européens sortants, ont sonné la charge contre François Bayrou, replaçant le leader du Modem au coeur de ses "amis libéraux" au Parlement européen. Les eurodéputés centristes français ont voté contre une directive sur les services publics, contre l'harmonisation sociale au sein des 27 et aujourd'hui disent qu'ils sont pour, a raillé le porte-parole du PS, dénonçant "ceux qui viennent piocher dans notre programme pour se reconstituer une vertu à bon compte".


Martine Aubry a, elle, repris les mots de Martin Schulz, président du groupe socialiste au Parlement européen, pour qui François Bayrou se présente comme "Karl Marx en exil" quand il est en France mais "vote avec les barbares les plus libéraux" à Strasbourg.


Harlem Désir, tête de liste en Ile-de-France, s'en est pris à la campagne "tellement peu convaincante" de l'UMP. "Leur bilan est tellement déplorable, leur programme tellement dangereux (...) que même Bernard Kouchner vote pour eux à reculons", a-t-il ironisé.


Le meeting du Cirque d'hiver se déroulait au lendemain d'une séance de motivation électorale de Martine Aubry dont les européennes constituent le premier test d'autorité depuis qu'elle a pris les rênes du PS en décembre. "On sait que les européennes mobilisent peu et qu'il faut surtout être présent dans les dernières semaines", explique un conseiller de Martine Aubry, relativisant les critiques venues de l'intérieur sur le défaut de mobilisation.


"Quand nous sommes unis, rassemblés, solidaires, nous sommes irrésistibles", a assuré Benoît Hamon.

Source Reuters

Publicité

Publié dans Parti Socialiste

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article