Européennes J-3: Quoiqu’il en soit, nul ne pourra dire qu’il n’était pas informé !
Ne nous racontons pas d’histoire ! Les élections au Parlement européen qui ont débuté ce jour aux Pays Bas et au Royaume-Uni revêtent une réelle importance tellement elles vont orienter les choix économiques et sociaux des cinq prochaines années.Le Parlement européen, élu au suffrage universel direct, jouit désormais de prérogatives étendues en matière agricole, de politique économique, de fiscalité (TVA, droits indirects), de transports et d’infrastructures , de recherche, d’innovation, d’environnement, de droit du travail, de droit social mais aussi de droit d’asile et de politique d’ immigration.
Croire qu’il ne sert à rien d’aller voter le 7 juin est un leurre car les enjeux politiques sont les mêmes que pour une élection législative nationale . Aucun texte communautaire ne pourra être désormais pris sans l’ aval du Parlement européen. Surtout, les lois votées seront d’orientation progressiste ou conservatrice selon que la majorité politique issue des urnes, le 7 juin au soir, sera de gauche ou de droite.
A celles et ceux qui n’en seraient pas encore convaincus qu’ils sachent qu’au cours des cinq dernières années, les députés européens ont adopté pas moins de 300 directives et règlements. La tâche s’annonce tout aussi ardue pour leurs successeurs qui devront se prononcer notamment sur un nouveau modèle de gouvernance économique et financière avec comme enjeu corollaire l’emploi et la protection sociale ( durée du temps de travail, avenir pour les retraites…) ; sur l’après Kyoto et la préparation du sommet de Copenhague en décembre prochain, en matière de politique environnementale ; sur la lutte contre le changement climatique tout en garantissant la sécurité énergétique des 27 pays ; sur les discussions avec la Russie, l ‘Amérique latine et la Chine en matière commerciale et de sécurité des produits…
Alors, dimanche 7 juin on peut rester à la maison mais alors faudra pas venir se plaindre par la suite !
Pour celles et ceux qui iront voter le 7 juin, le choix est clair . Soit maintenir aux affaires la majorité de droite regroupée au sein du PPE, dont fait partie l’UMP, soit confier la gestion des futurs grands dossiers européens aux socialistes et aux sociaux-démocrates regroupés au sein du PSE.
Et ce choix n’est pas anodin.
En votant UMP donc PPE , c’est l’assurance de voir perdurer pour les cinq prochaines années, des directives libérales soumises aux règles du marché et aux intérêts des grands groupes financiers ; c’est plus de chômage, plus d’inégalités sociales, plus de déficit démocratique et surtout la reconduction de José Manuel Barroso comme président de la Commission, dont on sait qu’il n’a pas vu venir la crise, en a sous-estimé la gravité et est resté muet.
En votant PS donc PSE, c’est s’engager avec une nouvelle majorité de gauche vers une Europe des citoyens qui protège, une Europe qui s’engage sur un vrai plan de relance en faveur de l’investissement et de l’emploi, une Europe qui promeut un pacte de progrès social ( directive-cadre pour défendre les services publics, clause de sauvegarde des acquis sociaux…).
On peut bien sûr aller voter pour d’autres formations sachant , en application des règles électorales en vigueur, qu’elles ne peuvent prétendre à devenir majoritaires.
On peut tout aussi bien suivre la scandaleuse initiative du Président du PRG, Jean Michel Baylet qui appelle à ne pas voter PS.
Quoiqu’il en soit, nul ne pourra dire qu’il n’était pas informé !
Philippe PUGNET
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