Une profonde désillusion, ce vote du 7 juin

Publié le par SD32

Pour l’Europe d’abord et l’avenir des peuples qui la composent. Car, au delà du résultat des différentes formations politiques, qu’elles soient de droite ou de gauche, le fait marquant de ce scrutin  c’est avant tout une abstention record. 

Elle ne pourra que renforcer l’aveuglement technocratique de la Commission et confirmer le désintérêt général pour une Europe qui nous est devenue totalement indifférente, tant dans son fonctionnement que dans ses orientations à venir.

Fuite en avant , société de plus en plus dépolitisée ou tout simplement inconsciente, égoïsme ou bien aveuglement ! Quoiqu’il en soit,  hier,  nous n’avons pas compris que, face à la dérégulation , à la déréglementation,  à la mondialisation, à la poussée des pays émergents, la seule réponse qui prévaut c’est l’Europe. Nous avons également refusé d’accepter que l’Union européenne pouvait être garante des réponses urgentes à apporter aux mutations du monde et à la crise économique et financière.

Pour les forces progressistes ensuite qui n'ont pas réussi, hier, à faire valoir majoritairement, au niveau européen, leurs orientations vers plus de justice économique et sociale.Il est quand même paradoxal de voir  combien les tenants du libéralisme qui n’ont pas vu venir cette crise financière, devenue aujourd’hui une crise globale, alors qu’ils l’avaient suscitée, sortent renforcés du scrutin d’hier.

A voir la satisfaction des droites européennes, on ne peut qu’être inquiets de la suite. Ne nous leurrons pas : spirale de l’endettement public, multiplication de plans sociaux, démantèlement des services publics, inégalités croissantes, inadaptabilité si ce n’est  absence de lisibilité des différents plans de relance au niveau européen…tout cela ne nous sera pas épargné.

Pour le Parti socialiste enfin qui n'a pas su être entendu à défaut de convaincre.La campagne de dénigrement, savemment orchestrée par la droite et les médias a porté ses fruits, au delà de toute attente; tout comme d'ailleurs les propos à l’emporte pièce de tel ou telle responsable dénigrant la direction de campagne  ou les orientations politiques prises. Certains n'hésitent pas aujourd'hui à demander la démission de Martine Aubry : inutile de les citer, ils se reconnaîtront.

La tâche qui nous attend est rude mais pourrons-nous arriver  à reconstruire notre parti si nos donneurs de leçons continuent à se complaire dans leur partition narcissique, en toute impunité!

Pourrons-nous mener à bien notre réflexion politique et l'élaboration de notre projet si nous sommes sans cesse interrompus par certains de nos responsables, plus avides de nous parler d'eux-même et de leur ambition présidentielle que de se joindre à notre travail!

Ayons l'intelligence collective de nous rassembler, sachons travailler ensemble  si nous ne voulons pas décevoir, à nouveau, demain.

Philippe PUGNET



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Publié dans Parti Socialiste

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