La conférence de Copenhague sur le climat, le pari de l'optimisme.

Publié le par SD32

Depuis quelques mois, les pronostics pessimistes sur les chances de parvenir à un accord à Copenhague se multiplient, tandis que la négociation internationale piétine. En même temps, la pression politique ne cesse d'augmenter, comme en témoigne la mobilisation des chefs d'Etat à New York. Jamais les attentes pour les résultats d'une négociation mondiale n'auront été aussi grandes. Pourquoi donc ce pessimisme, alors que la plupart des pays ont mis à l'étude ou enclenché des politiques de réduction des émissions ? Quand et comment cette dynamique négative s'est-elle enclenchée ?

La négociation a pris un tournant décisif en juillet à L'Aquila, lors du sommet du Forum des économies majeures. Pour la première fois, les chefs d'Etat des dix-sept pays les plus émetteurs de la planète se sont accordés sur un objectif de limitation de la hausse des températures à + 2 °C. Ils ont ainsi rendu explicite ce qui était encore implicite depuis la conférence de Bali en décembre 2007. L'arithmétique qui en découle est implacable. Pour avoir une chance sur deux d'atteindre cet objectif, il faut un niveau d'émissions globales d'environ 44 à 48 gigatonnes (Gt) d'équivalent CO2 en 2020, 35 Gt en 2030 et 20 Gt en 2050. Nous sommes aujourd'hui à 50 Gt.


Pour atteindre cet objectif, les réductions d'émissions des pays développés ne suffiront pas. Si les émissions globales tombent à 35 Gt en 2030, les pays développés et la Chine devraient réduire le niveau d'émissions par unité de production par un facteur au moins de 4. Si les émissions de la Chine et de l'Inde poursuivaient leur cours actuel, même avec une réduction massive des émissions des pays développés, tous ceux qui vivent dans le reste du monde devraient alors avoir un niveau d'émissions par tête "négatif". C'est bien sûr à la fois invraisemblable et inacceptable, si la croissance dans les pays développés se poursuit au même rythme qu'aujourd'hui. Il faudra donc que les pays en développement limitent et réduisent leurs émissions, tout en poursuivant leurs ambitions de croissance et de réduction de pauvreté...

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Par

Nicholas Stern est président du Grantham Institute on Climate Change et professeur à la London School of Economics ;

Laurence Tubiana est fondatrice de l'Iddri, professeur à Sciences Po, directrice des biens publics mondiaux du ministère des affaires étrangères.

 

Source LeMonde.fr

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Publié dans Faits de société

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