Le FMI au soutien de la Grèce
Le Fonds monétaire international (FMI) a envoyé une équipe de spécialistes au chevet de la Grèce, a confirmé ce mardi l'organisation internationale qui évoque pour l'heure une mission de surveillance classique de l'un de ses pays-membre, qui doit engager des réformes drastiques pour rééquilibrer ses finances mises à mal par la crise et un laisser-aller budgétaire excessif. Le gotha des organisations internationales s'est donné rendez-vous à Athènes en ce début 2010. Après la Commission et la Banque centrale européenne, c'est au tour du Fonds monétaire international de poser ses valises dans la capitale grecque, dans le cadre d'une mission d'assistance au gouvernement. Le pays est confronté à une situation budgétaire catastrophique suscitant la méfiance des partenaires du pays et multipliant les rumeurs de possible faillite de l'Etat.
Dominique Strauss-Kahn, le directeur du FMI a mandaté une équipe pour soutenir le gouvernement Papandreou dans ses efforts "de réforme des retraites, de politique et de gestion fiscales et de gestion budgétaire", a confirmé hier soir l'organisation.
L'exécutif grec doit présenter d'ici la fin du mois son plan pour sortir le pays de l'ornière et convaincre la Commission Européenne de sa bonne volonté, afin d'éviter les sanctions liées au non-respect du pacte de stabilité. George Papandreou avait affirmé récemment viser un retour dans les limites imposées par le pacte, un déficit inférieur à 3% du PIB, à l'horizon 2012, alors que le pays affichait -7,7% en 2008 après -3,7% en 2007 et -2,9% en 2006, la seule année durant laquelle la Grèce avait respecté les quotas européens. Le déficit public devrait atteindre 12,7% du PIB cette année.
L'intervention du FMI s'apparente à un soutien davantage logistique que financier. Il apparaît en effet difficile, du moins inédit, que le Fonds apporte des fonds à un Etat qui fait partie de la Zone Euro. Les autorités européennes ont cependant émis des opinions divergentes sur l'éventualité d'une aide communautaire, alors que le FMI avait dès décembre évoqué la possibilité d'un soutien financier, jugeant que le pays aurait des difficultés à sortir seul de sa situation actuelle. Le gouvernement Papandreou avait pour sa part martelé la semaine dernière que la Grèce ne ferait pas défaut et que ses efforts d'austérité seraient payants. Les trois grandes agences de notation, Standard & Poor's, Moody's et Fitch, ont dégradé la notation souveraine du pays en décembre pour prendre acte de ses difficultés budgétaires.
Source JDD