Finances publiques : Le PS à l’assaut du premier budget de Sarkozy
La gauche a décidé de passer à l’attaque sur un thème: le budget de l’an I, celui pour l’année 2008, est «insincère». C’est tout l’objet d’une note rendue publique ce matin par le PS à l’Assemblée, avant l’intervention attendue cet après-midi de Laurent Fabius comme orateur principal sur le sujet.
Leçon. En attendant, la stratégie a été dévoilée hier, à la tribune par les socialistes Didier Migaud, président de la commission des finances, et Jérôme Cahuzac (Lot-et-Garonne). «Pouvez-vous me dire quelles mesures dans ce budget nous permettront de rattraper notre retard de croissance, lance le second. Il n’y aura ni croissance, ni investissement dans les entreprises, ni amélioration du commerce extérieur.» S’adressant à la droite, Jérôme Cahuzac prend un pari : «Si vous acceptez de voter ce budget, il faudra accepter de voter le plan de rigueur qui s’annonce. Et vous en serez comptable devant ceux qui vous ont fait confiance.» Leçon de sincérité aussi. La gauche veut démontrer que la droite au pouvoir aujourd’hui n’est qu’une majorité de continuité. Rappelant à la tribune qu’un certain nombre de ministres étaient déjà dans le gouvernement précédent, Didier Migaud assène: «C’est le sixième budget de cette majorité.»«sincérité» du texte: «La preuve des interrogations sur les hypothèses choisies est dans l’expression retenue par Gilles Carrez (rapporteur UMP du budget) : il croise les doigts.» Ce dernier proteste. Ajoutant, encore plus cruel, que la droite semble elle-même douter de la
Dans sa note, le PS se lance avec délectation dans un exercice de démontage du projet de loi de finances. Fustigeant une politique qui ne tranche pas entre la «relance par l’offre ou la demande». A l’utilisation des 15 milliards du «paquet fiscal» dans une «folle distribution de prébendes aux plus fortunés, aux héritiers, aux rentiers», la gauche oppose une autre «utilisation», «pour refonder notre fiscalité en conciliant la stabilité des prélèvements, la redistribution et l’investissement» .
Délectation. Le document relève aussi un certain nombre d’incohérences dans les «mâles» promesses avancées par le président de la République. Comme «celle d’aller chercher la croissance avec les dents». «La croissance, ça n’est pas une affaire de molaires, ni de canines», s’amuse Jérôme Cahuzac, à la tribune. Et la gauche promet: le financement du déficit, de la croissance molle est à attendre par des hausses de TVA, «sous couvert de réformes de cotisations sociales». Au total, 290 amendements ont été déposés sur le texte. Le vote solennel sur l’ensemble du budget est attendu le 20 novembre, avant sa transmission au Sénat.