De Sarcelles au FMI : Retour sur le départ de DSK

Publié le par SD32

DSK-assis-et-souriant.jpgQu'il me soit permis de reproduire ici , les propos d'AKLI publiés sur son blog ( www.aklipolitique.com/) tellement ils sont réalistes et justes.

Car, que n'avons-nous entendu ou lu, depuis juillet et jusqu'à ces derniers temps sur certains blogs, sur Dominique Strauss-Kahn et sa candidature au FMI. Que de critiques plus que d'encouragements de la part de socialistes, plus soucieux de leur nombril que de l'engagement politique de l'un des leurs au profit de ceux qui, de par le monde, attendent plus de solidarité.

Que de haine malheureusement - et ils se reconnaîtront  s'ils lisent ces lignes - chez celles et ceux qui préfèrent manipuler sournoisement l'insulte en montrant du doigt le salaire du Directeur général du FMI ( alloué par l'institution ) sans oublier, au passage, de dénoncer la situation personnelle de Dominique: pour un peu, on se serait cru en 1936 lorsque Léon BLUM était lui aussi traité de " bourgeois nanti ". Merci AKLI.

Philippe PUGNET



" Bon débarras ! " diront certains, " bonne chance ! " diront d'autres. Vous savez à quelle catégorie j'appartiens. Je ne suis pas de ceux qui rangent l'ex-candidat à l'investiture présidentielle dans le sac des traîtres de l'ouverture ou des suppôts de la "mondialisation néolibérale". 

Sur le premier point, celui du piège de l'ouverture sarkozyste, libre à certains socialistes de tomber dans le panneau du petit Bonaparte. Le nouveau président, supercommuniquant autant que supermenteur, a réussi à faire croire que DSK était son poulain, son nouveau joujou d'ouverture, après Kouchner, Besson, Lang... Le meilleur économiste parmi les politiques, le ministre modèle pour les partenaires européens sous Jospin, l'homme qui a surpassé Sarkozy en débat à plusieurs reprises, celui dont la candidature à la présidentielle a été -heureusement pour la droite- rejetée par des socialistes rivés sur les sondages, cet homme aurait été à la fois récupéré et éloigné par Sarko, décidémment trop fort ? Facile de s'afficher comme magnanime promoteur d'une candidature proposée par le premier-ministre luxembourgeois et d'ores et déjà acceptée par les voisins européens. Quel pouvoir de conviction pour un président français qui se fait passer des savons par ses collègues à Bruxelles...

Sur le second point, celui de savoir si un socialiste doit présider le fonds monétaire international, la réponse devrait être évidente. OUI. Un économiste qui défend la régulation politique pour lutter contre les effets néfastes de l'économie de marché est-il à exclure ? Un adepte de Keynes, le concepteur du FMI, qui connait les limites de l'Etat-providence et prône sa réinvention est-il out ? Un internationaliste qui prône la solidarité entre le Sud et le Nord doit-il se priver de l'outil international qui a été conçu pour cette tâche ? 
Le défi, pour que le FMI ne soit plus considéré comme le symbole des dérives de la mondialisation et rejoue pleinement son rôle, est immense. Les Etatistes, souvent de gauche, par habitude, prennent souvent l'instrument de régulation pour le symbole de la dérégulation. D'où une méfiance certaine des socialistes "modèle années 70" qui considérent que le FMI est un lieu diabolique où nous n'avons rien à faire. Les libéraux (au sens économique), de droite, n'aiment pas le FMI, comme tous les autres instruments d'encadrement politique du marché. 

Entre ces deux attitudes, l'une louable mais inefficace, l'autre égoïste et dévastatrice, être social-démocrate, c'est mettre les mains dans le cambouis, saisir l'occasion qui se présente de dépasser les incantations, les beaux discours et la pure indignation. Tout ça dans l'objectif de justice sociale et de solidarité entre les peuples, à la base du socialisme. Ce n'est pas une troisième voie à la Blair (autre pays, autre tradition) ou à la Bayrou (chrétien-démocrate, pas social-démocrate). 

C'est être ferme sur l'objectif, et souple sur les instruments permettant d'y parvenir, au XXIème siècle. Bref, pour le job, mieux vaut un Dominique Strauss-Kahn qu'un Alain Madelin ou un Jean-Luc Mélenchon. Les français le savent, les européens l'ont compris, les Etats du monde l'ont choisi. Aux socialistes de l'accepter.

AKLI
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