Débanaliser la démocratie
Marcel Gauchet, dans L’Avènement de la démocratie, explique les crises de nos démocraties par la difficulté qu’éprouve la modernité à faire son deuil du religieux. Mais cette thèse, stimulante, souffre d’être trop systématique, en voyant dans tout désir d’unité une nostalgie du divin. Elle occulte en outre l’enjeu des luttes sociales.Marcel Gauchet a entrepris la publication de quatre volumes réunis sous le titre général L’Avènement de la démocratie. La quadrilogie épouse globalement l’ordre d’une progression historique. Le premier, La Révolution moderne (cité RM) présente le projet d’ensemble puis couvre la période allant du début du XVIe siècle à 1880. Le second, La Crise du libéralisme (cité CL), porte sur la période 1880-1914. Le troisième aura pour objet les totalitarismes du XXe siècle et le dernier portera sur la période actuelle, de 1970 à nos jours.
Les quatre volumes de l’Avènement de la démocratie visent à donner à ces crises un principe d’intelligibilité global. Ils se présentent comme une tentative de « débanalisation de l’idée de démocratie libérale » : derrière une apparente évidence se cache une insoupçonnable complexité. Il s’agit donc de prendre à bras le corps le paradoxe central de notre temps : la démocratie libérale est certes devenue notre seul horizon, la seule façon concevable de gouverner notre destin ; il n’en demeure pas moins qu’elle reste en grande partie opaque à elle-même.
Or M. Gauchet pense trouver le principe d’intelligibilité qui nous manque dans un approfondissement des thèses dont il avait posé les bases dans le Désenchantement du monde.
Pour lire la suite : www.laviedesidees.fr/IMG/pdf/20080118_gauchet.pdf