Jean Christophe Cambadélis: "Où est la droite?"
"Où est la droite? On ne la voit pas." C'est le sentiment du député de Paris - et premier lieutenant de Dominique Strauss-Kahn - Jean-Christophe Cambadélis, qui résume la perception socialiste du dernier round de la campagne des municipales, à quelques heures du premier tour.
"On avait déjà constaté ce phénomène à Paris, avec une droite qu'on ne voit pas, qui ne colle pas d'affiches, et qui n'arrive pas à remplir ses salles. Et ce phénomène se propage en province. On a l'impression que la droite est démotivée."
A en croire "Camba", le militant sarkozyste se ferait rare, ces jours-ci, et aurait tendance à jouer l'homme invisible. Ce qui n'est pas forcément rassurant pour le PS. "Les socialistes sont un peu interloqués, et tout à coup pris d'un doute: où sont passés les 300 000 adhérents de l'UMP? On a le sentiment qu'ils ont disparu..."
Avec, au passage, une désertion qui s'étendrait jusqu'aux plateaux de télé: "Même à Paris, on a du mal à trouver un partenaire de droite pour un débat. Ca fait le cinquième que je fais avec Yves Jégo. Je commence à en avoir marre..."
Ce qui n'augure pas pour autant d'une assurance à toute épreuve du côté socialiste. Où l'on avait pourtant constaté, ces dernières semaines, une nette tendance à l'euphorie électorale, pour ne pas dire à l'emballement: "La gauche sent que le vent souffle, mais elle est prise d'un doute. Et la pression monte. Est-ce qu'on n'a pas trop dit qu'on allait gagner?"
Alors, la discrétion de l'adversaire est-elle réellement le présage d'une "vague rose"? Ou le PS n'a-t-il pas été abusé par le syndrôme de la "drôle de guerre" électorale ?