Nette victoire des socialistes de Zapatero aux législatives en Espagne
MADRID (AFP) - Les socialistes de José Luis Rodriguez Zapatero ont remporté une nette victoire aux législatives de dimanche en Espagne face aux conservateurs de Mariano Rajoy, un scrutin endeuillé par l'assassinat attribué à l'ETA d'un ancien élu socialiste au Pays Basque vendredi.
M. Zapatero, 47 ans, était assuré de faire un second mandat.
"Nous pouvons affirmer clairement que le Parti socialiste a gagné les élections", a déclaré son numéro deux, José Blanco, peu après 22H00 (21H00 GMT), alors que les télévisions diffusaient des scènes de liesse au siège du PSOE à Madrid.
"Le Parti socialiste va renforcer sa présence parlementaire. Selon nos estimations, au Parlement, il y aura entre 168 et 171 députés socialistes", contre 164 en 2004 (sur un total de 350), a déclaré le responsable socialiste.
"C'est une grande victoire, une victoire de tous les citoyens", a-t-il ajouté, qui suppose "le rejet de la stratégie politique de crispation et de manque de loyauté" des conservateurs qui s'étaient radicalement opposés à toutes les initiatives du gouvernement de M. Zapatero ces quatre dernières années.
Selon des résultats partiels portant sur environ 66% des suffrages exprimés, le PSOE remportait 44,5% des voix avec 168 députés, quatre de plus qu'en 2004, tandis que le PP progressait également en obtenant 39,5% des voix et 154 députés (contre 37,71% et 148 députés en 2004).
Ce renforcement de l'hégémonie des deux grands partis de gouvernement espagnol se faisait au détriment des formations minoritaires, en particulier les écolo-communistes d'Izquierda Unida et les indépendantistes catalans d'ERC, les deux alliés parlementaires stables du gouvernement Zapatero ces quatre dernières années.
Le scrutin de dimanche a été marqué par une forte participation d'environ 75%, semblable à celle des élections de 2004 remportées grâce à un net sursaut de participation par M. Zapatero, alors chef de l'opposition, trois jours après les attentats islamistes de Madrid (191 morts).
Le contexte de ces élections a été bouleversé par l'assassinat attribué à l'organisation séparatiste basque ETA, vendredi au Pays Basque (nord), d'un ancien élu municipal socialiste, Isaias Carrasco, qui a suscité une vague de réprobation unanime en Espagne.
Mais comme l'estimaient la plupart des commentateurs espagnols, cet assassinat ne semble pas avoir fondamentalement influé sur les scrutins.
Les derniers sondages officiels de la campagne électorale, publiés lundi avant cet attentat, créditaient le PSOE de M. Zapatero, candidat à un second mandat, d'une avance d'environ quatre points sur la droite, globalement comparable aux résultats de dimanche.
Les partis politiques et la fille aînée d'Isaias Carrasco avaient appelé les Espagnols à répondre à l'assassinat de ce militant socialiste basque en allant voter massivement.
"J'espère que les gens vont voter contre tout ce qui s'est passé", confiait dimanche matin José Angel, ami d'enfance du militant socialiste assassiné Isaias Carrasco, après avoir voté dans la ville industrielle basque de Mondragon (nord).
M. Zapatero avait voté à Madrid vers 10H30, suivi une demi-heure plus tard, dans un autre bureau de vote de la capitale, par son rival conservateur Mariano Rajoy.
"J'espère que ce sera une journée de forte participation, une journée démocratique pour un pays exemplaire", avait déclaré M. Zapatero, applaudi par certains électeurs et hué par d'autres aux cris de "Zapatero dehors!".
"Mon unique souhait en ces moments (...) est que la seule information soit" la victoire du camp "qu'auront choisi l'ensemble des citoyens espagnols", a déclaré M. Rajoy.
Hormis quelques incidents au Pays Basque et en Navarre, où des inconnus ont détruit des urnes en relayant le mot d'ordre à l'abstention des partis indépendantistes et de l'ETA, le scrutin s'est déroulé normalement dans un pays placé sous alerte antiterroriste maximum.