Jean Christophe Cambadélis : " nous devons construire un bloc de convictions pour éviter, au PS, le choc des ambitions"

Publié le par SD32

undefinedJean-Christophe Cambadélis est l'un des créateurs du groupe des "reconstructeurs".

Hostile à la "présidentialisation du PS", cette alliance des strauss-kahniens, des fabiusiens ainsi que des amis d'Arnaud Montebourg et de Martine Aubry veut éviter, fin 2008, un congrès dominé par un choc Ségolène Royal-Bertrand Delanoë.

Dans une interview accordée au quotidien Le Monde, Jean Christophe Cambadélis propose, sous certaines conditions, une alliance au maire de Paris.


Après sa victoire aux municipales et cantonales, comment se situe le PS face à la majorité ?

Si rien n'est fait, si la droite s'entête, le pays grondera. L'urgence est double : obtenir un changement radical de politique, mais aussi éviter que les Français s'enferment dans la démocratie punitive. La réforme des institutions est urgente. Il faut redonner du pouvoir au Parlement.

Nicolas Sarkozy doit renoncer à sa demande de visite à l'Assemblée nationale et accepter la proposition de Laurent Fabius faisant obligation de compter son temps de parole dans celui de la majorité parlementaire. Il doit aussi accepter une dose de proportionnelle.

Le PS est-il en porte-à-faux, entre le MoDem et l'extrême gauche ?

Pour l'instant, le MoDem n'est plus le problème, et la LCR ne l'est pas encore. Notre stratégie doit être simple, crédible et lisible. Le PS doit être au cœur du dispositif et l'union des gauches notre préoccupation principale. Nous devons reconstruire le PS ouvert sur la société et les acteurs sociaux d'aujourd'hui.

Il nous faut ensuite une véritable union des gauches et des écologistes autour d'un contrat d'alternative réaliste à la droite. Et puis, par cette dynamique, entraîner tous les électeurs qui refusent le pouvoir UMP.

Les reconstructeurs peuvent-ils durablement s'opposer à la fois à Ségolène Royal et à Bertrand Delanoë ?

Ségolène Royal a décidé de présenter seule, presque unilatéralement, un texte au prochain congrès du Parti socialiste. Elle souhaite mettre le PS au service de son ambition présidentielle par ailleurs légitime. Mais on ne peut réclamer la parlementarisation de nos institutions et présidentialiser le PS. Il faut au contraire faire sauter le verrou de la présidentialisation pour libérer l'énergie de la rénovation.

Nous allons nous y employer sans exclusive. Pour Ségolène Royal cela n'est pas très bien parti. Mais peut-être Bertrand Delanoë n'a-t-il pas encore tranché. Il peut accepter ce raisonnement. S'il ne fait pas de sa candidature un préalable, nous pourrions lui tendre la main pour travailler ensemble à un texte de fond.

Qui, alors, doit occuper la fonction de premier secrétaire ?

Au PS, c'est toujours les motions avant l'émotion pour le premier secrétaire. Il faut d'abord être majoritaire au parlement du PS pour pouvoir gouverner celui-ci.

Si les reconstructeurs l'étaient, je m'intéresserais à cette importante question et nous déciderions ensemble. Mais les reconstructeurs doivent construire un bloc de convictions, cette spécificité collective qui évitera, au prochain congrès, le seul choc des ambitions.

Qu'attendez-vous de la réforme des statuts en préparation ?

Le PS a besoin d'une nouvelle déclaration de principes qui prenne acte du socialisme moderne.

Les statuts, eux, ne doivent ni présidentialiser le PS, ni mutiler sa démocratie, ni subordonner ses élus. Ils doivent ouvrir le Parti socialiste à toute la gauche, pas le verrouiller.

Source Le Monde
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article