Mais pour qui sonne le glas ?
Nous avons tous compris ! Le Président de la République dans un effort de reconquête de l'opinion avait mis les bottes de Georges Bush et délaissé les mocassins de Bill Clinton.
Au revoir la frivolité, vive le virile ! En effet rien de tel que la guerre, du sang et des larmes pour incarner une nation.
Au revoir la frivolité, vive le virile ! En effet rien de tel que la guerre, du sang et des larmes pour incarner une nation.
L'Irak franchement c'était trop risqué. Le Liban ou la Syrie politiquement trop exposé. La Côte d'ivoire et le Tchad trop « déjà vu ». Les Comores trop exotique. Restait l'Afghanistan. Va pour les montagnes Pachtoun. L'armée française a l'expérience du djebel, cela devrait faire l'affaire.
Nicolas Sarkozy ne combat ni Al quaïda, ni les talibans. Il redore son image et peaufine son statut d'allié le plus fidèle des américains, délaissés par Gordon Brown. Ce dernier prépare les élections. Il doit se décharger du fardeau irakien qui avait conduit Tony Blair dans les abîmes des sondages.
Le passage de pouvoir eu lieu à Westminster comme il se doit. Et la Reine d'Angleterre a donné son onction. Le tout avec le sourire ravissant de Carla Bruni. Où allons nous ? Au sud ? A l'est de l'Afghanistan ? C'est la surprise du chef. Et avec combien d'hommes ? Autant qu'il faudra. Cela coûtera combien à la communauté nationale ? On verra. Quels sont nos buts de guerre ? C'est selon où le commandement américain nous posera !
Le Président de la République qui veut absolument venir devant le Parlement dans le cadre de la réforme des institutions françaises, a trouvé celui des britanniques pour annoncer notre effort de guerre ! Puis il a concédé à son Premier ministre François Fillon une petite vingtaine de minutes pour exposer au Parlement combien il faisait comme Lionel Jospin et Jacques Chirac. Histoire de montrer qu'il décidait et que Fillon exécutait et la formule de Jacques Chirac lui avait fait suffisamment mal pour qu'il se l'approprie. Et comme il n'y a pas de petits profits, il cherche aussi la gauche dans le « pour ou contre » les Talibans.
Tout cela commence par un théâtre d'ombres. Comme la guerre du Mexique de feu Napoléon le petit. Mais cela peut se terminer dans un Sedan diplomatique, politique et militaire. Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il s'agissait au travers de ce geste de crédibiliser le pilier européen de l'OTAN. Une OTAN à ce point élargie qu'elle se transforme en une sainte alliance de l'empire occidental contre un ennemi invincible, permettant au passage de tenir à distance la Russie et faire les gros yeux à la Chine.
Les américains empochent Sarkozy, produit de substitution à l'anglais, mais ne font aucun geste pour le pilier européen. La stratégie du premier de classe occidental n'a pas produit ses effets loin s'en faut. Et on peut douter de son efficacité à un an des élections américaines. En attendant, à Bucarest l'oncle Sam dicte les contours d'un nouvel élargissement de l'OTAN à la Georgie et à l'Ukraine dissolvant un peu plus toute perspective de pilier.
Nicolas Sarkozy a assorti notre présence en Afghanistan d'une promesse de la communauté internationale : un effort de reconstruction. Venant du pays qui a fait le plus faible effort financier pour la reconstruction, cela ne manque pas de sel. Les porte-paroles de l'UMP, après la débâcle municipale, ont mis le casque lourd des va-t-en guerre et pillonent : « la gauche est pacifiste et capitularde devant le terrorisme ».
Comme si c'était le sujet ! Pourquoi de nombreux pays sur le terrain veulent-ils se désengager ? Pourquoi les Canadiens - qui sont déstabilisés par cette guerre - menacent-ils de partir si on ne vient pas les aider ? Parce que personne ne sait où on va ? La guerre contre les terroristes est en Afghanistan mais les terroristes ne sont-ils pas au Pakistan ? Les Talibans sont-ils un groupe homogène à direction politique ou une mosaïque de seigneurs de guerre. On négocie ou on achète la paix ?
Et puis surtout a-t-on bien mesuré que le piège pourrait se refermer sur nous ? Sommes-nous dans la pacification d'un pays ou dans un pré-positionnement pour le Pakistan en crise ? Décidément l'opération sondagière « restore hope » de Nicolas Sarkozy peut coûter cher à la France.
Mais l'Histoire a-t-elle de l'importance quand il s'agit de se rétablir dans l'opinion ? Les beaux yeux de Carla ou l'engagement militaire même combat ! Mais pour qui sonne le glas ?
Le passage de pouvoir eu lieu à Westminster comme il se doit. Et la Reine d'Angleterre a donné son onction. Le tout avec le sourire ravissant de Carla Bruni. Où allons nous ? Au sud ? A l'est de l'Afghanistan ? C'est la surprise du chef. Et avec combien d'hommes ? Autant qu'il faudra. Cela coûtera combien à la communauté nationale ? On verra. Quels sont nos buts de guerre ? C'est selon où le commandement américain nous posera !
Le Président de la République qui veut absolument venir devant le Parlement dans le cadre de la réforme des institutions françaises, a trouvé celui des britanniques pour annoncer notre effort de guerre ! Puis il a concédé à son Premier ministre François Fillon une petite vingtaine de minutes pour exposer au Parlement combien il faisait comme Lionel Jospin et Jacques Chirac. Histoire de montrer qu'il décidait et que Fillon exécutait et la formule de Jacques Chirac lui avait fait suffisamment mal pour qu'il se l'approprie. Et comme il n'y a pas de petits profits, il cherche aussi la gauche dans le « pour ou contre » les Talibans.
Tout cela commence par un théâtre d'ombres. Comme la guerre du Mexique de feu Napoléon le petit. Mais cela peut se terminer dans un Sedan diplomatique, politique et militaire. Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il s'agissait au travers de ce geste de crédibiliser le pilier européen de l'OTAN. Une OTAN à ce point élargie qu'elle se transforme en une sainte alliance de l'empire occidental contre un ennemi invincible, permettant au passage de tenir à distance la Russie et faire les gros yeux à la Chine.
Les américains empochent Sarkozy, produit de substitution à l'anglais, mais ne font aucun geste pour le pilier européen. La stratégie du premier de classe occidental n'a pas produit ses effets loin s'en faut. Et on peut douter de son efficacité à un an des élections américaines. En attendant, à Bucarest l'oncle Sam dicte les contours d'un nouvel élargissement de l'OTAN à la Georgie et à l'Ukraine dissolvant un peu plus toute perspective de pilier.
Nicolas Sarkozy a assorti notre présence en Afghanistan d'une promesse de la communauté internationale : un effort de reconstruction. Venant du pays qui a fait le plus faible effort financier pour la reconstruction, cela ne manque pas de sel. Les porte-paroles de l'UMP, après la débâcle municipale, ont mis le casque lourd des va-t-en guerre et pillonent : « la gauche est pacifiste et capitularde devant le terrorisme ».
Comme si c'était le sujet ! Pourquoi de nombreux pays sur le terrain veulent-ils se désengager ? Pourquoi les Canadiens - qui sont déstabilisés par cette guerre - menacent-ils de partir si on ne vient pas les aider ? Parce que personne ne sait où on va ? La guerre contre les terroristes est en Afghanistan mais les terroristes ne sont-ils pas au Pakistan ? Les Talibans sont-ils un groupe homogène à direction politique ou une mosaïque de seigneurs de guerre. On négocie ou on achète la paix ?
Et puis surtout a-t-on bien mesuré que le piège pourrait se refermer sur nous ? Sommes-nous dans la pacification d'un pays ou dans un pré-positionnement pour le Pakistan en crise ? Décidément l'opération sondagière « restore hope » de Nicolas Sarkozy peut coûter cher à la France.
Mais l'Histoire a-t-elle de l'importance quand il s'agit de se rétablir dans l'opinion ? Les beaux yeux de Carla ou l'engagement militaire même combat ! Mais pour qui sonne le glas ?
Jean Christophe Cambadélis
Publicité