Martine Aubry accuse Nicolas Sarkozy de "rajouter de la crise à la crise"
Martine Aubry a appelé mercredi à un "changement de système" face à la crise financière, accusant Nicolas Sarkozy de "rajouter de la crise à la crise"."Je ne suis pas sûre que l'ensemble des réunions qui ont eu lieu hier (mardi) rassurent les Français. Faire des réunions à 5h du matin pour dire ensuite que tout va bien, je ne suis pas sûre que l'agitation soit la meilleure des réponses", a déclaré la maire de Lille et première signataire d'une motion pour le congrès du PS lors d'une conférence de presse.
Martine Aubry a estimé que la politique conduite depuis mai 2007 par Nicolas Sarkozy a conduit au "fiasco économique et social". "Aujourd'hui, nous sommes en dessous de la moyenne européenne et le chômage redémarre. On ne sortira pas d'une crise comme celle-ci si on ne soutient pas notre économie", a jugé l'ancienne ministre de l'Emploi.
Dénonçant le "budget restrictif" présenté vendredi dernier par le gouvernement, Martine Aubry a appelé de ses voeux un plan de relance de l'économie financé par l'abandon du paquet fiscal voté en 2007. "Si on ne change pas de politique économique, la France va subir de manière drastique les conséquences de la crise", a-t-elle mis en garde, en réclamant notamment une augmentation de l'allocation de rentrée scolaire, des allocations familiales, un remboursement par les employeurs du ticket transport, un blocage des loyers et la mise en place d'un fonds de garantie pour le financement des PME.
A plus long terme, la maire de Lille a appelé à un "changement" du système financier pour "mettre l'économie avant la finance". "J'entends le président de la République dire: 'il faut sanctionner les coupables', mais c'est le système qui l'est", a-t-elle estimé. Elle a évoqué "des règles plus strictes pour le marchés du crédit", un "encadrement des crédits à taux variables" ou la régulation des marchés de produits dérivés.
Au niveau européen, Martine Aubry a souhaité que le conseil européen "presse la Banque centrale européenne de réduire les taux" et réclamé une révision des objectifs de la BCE, afin qu'ils prennent en compte la croissance et l'emploi et pas seulement la lutte contre l'inflation.